Au moment des bilans de fin d’année, celui de Gauthier est mitigé : « La saison avait magnifiquement commencé par ma qualification pour l’Australien Open. C’était vraiment un moment assez exceptionnel auquel je ne m’attendais pas spécialement, surtout vu la fin de saison 2024. J’avais dû cravacher pour y aller. Après Melbourne, les choses se sont un peu compliquées. J’ai dû faire une coupure d’un mois à cause d’une blessure. Cela a un peu cassé mon élan. Malgré tout, j’ai quand même réussi à jouer les qualifications des quatre Grands Chelems, ce qui est toujours super important. Mais j’en aurais espéré plus en 2025, surtout en fin de saison où j’ai manqué un peu de fraîcheur, un peu de qualité. »
Conscient que les années passent, Gauthier Onclin (24 ans) a pris une décision forte sportivement et financièrement pour 2026 : « Germain Gigounon sera mon coach à temps plein. Il a déjà voyagé plus ou moins 10 à 15 semaines avec moi en 2025 parce que Steve Darcis était de plus en plus avec Raphaël Collignon. On ne participait plus aux mêmes tournois, donc ça devenait compliqué, mais Steve restait mon coach principal en Belgique. Depuis cette présaison, Germain est là à 100 % avec moi, mais je reste quand même dans la structure de la fédération francophone avec le préparateur physique, notamment. Steve est toujours là pour encadrer un peu les choses, mais voilà, ça fait un mois que Germain est mon coach principal. Je voulais vraiment mettre toutes les chances de mon côté, donc j’ai décidé de lui proposer ce deal. Il y a beaucoup de boulot, il y a pas mal de choses à améliorer, je ne dis pas à changer, parce que je pense qu’on faisait déjà de très bonnes choses, mais encore à améliorer, et pour l’instant ça se passe bien, espérons que ça se voie en 2026. »
Gauthier Onclin a pris Germain Gigounon comme entraîneur à temps plein. ©Instagram Germain GigounonService à travailler
Une ligne de conduite tennistique a déjà été tracée par les deux hommes pour permettre au Liégeois de progresser : « On essaye de prendre plus de plaisir, d’être plus focalisé sur certaines choses. Sur le terrain, essayer de gagner du temps, de prendre la balle encore un peu plus tôt, de jouer en mouvement et d’être plus dynamique dans mon jeu de jambes. J’ai quand même un jeu assez offensif et parfois j’ai l’impression de forcer. Je suis un peu trop loin de ma ligne et j’attaque de trop loin. Ici, on essaie de gagner du temps justement. »
Avec son mètre 80, le produit du centre fédéral ne peut pas compter sur son seul physique pour faire mal à ses adversaires : « Je ne suis pas le plus grand, je ne suis pas le plus puissant, donc on essaye de gagner un peu du temps. Et puis il y a aussi un gros travail sur le service qui reste toujours le point un peu plus compliqué de mon jeu. »
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Voilà pour l’aspect sportif. Du côté des finances, s’offrir un entraîneur full-time quand on navigue entre le top 200 et 300 s’apparente à un risque, à un investissement qui doit devenir rentable : « Oui c’est un risque, parce que c’est un très gros coup financier. Mais je ne le vois pas comme un quitte ou double. Sur ce que j’ai vu en 2025, je pense qu’on peut vraiment faire de bonnes choses et cela deviendra rentable car les résultats suivront. C’est pour ça que je le fais, parce que j’y crois. Mais c’est sûr que c’est un très gros investissement vu mon classement mais j’avais envie de mettre un maximum d’atouts de mon côté. Et n’oublions pas que sans l’aide de la fédération, ce serait encore plus compliqué. Ce statut hybride peut me permettre d’avancer. »
Et même s’il approche des 25 ans, le Liégeois demeure serein par rapport à son avenir : « Quand j’étais plus jeune, je me mettais plus des limites, des barrières à franchir. Maintenant que cela fait 6-7 ans que je suis pro, que c’est mon métier, je veux juste faire le maximum. »
Dès son début de saison sur le Challenger de Nouméa puis lors des qualifications de l’Australian Open.