Clair Obscur : Expedition 33 est une réussite absolue qui méritait toute cette attention, mais il ne faut pas oublier les autres super jeux français sortis en 2025.

Quand est venu le temps de réfléchir aux meilleurs jeux vidéo sortis en 2025, on a pensé à quelques titres incontournables : Hades 2, Silksong, Blue Prince, Dispatch, The Outer Worlds 2, Donkey Kong Bananza, The Alters, Silent Hill f, Death Stranding 2 (oui on sait, il divise)… et bien sûr, le miracle Clair Obscur : Expedition 33.

Largement mis en avant comme une exceptionnelle réussite française, le premier jeu (!) du studio Sandfall Interactive a eu l’effet d’un raz-de-marée à travers le monde. Et c’était amplement mérité.

Mais ce sursaut de « cocorico » ne devrait pas faire oublier les autres réussites françaises de 2025 côté jeu vidéo. Et alors qu’on attend avec impatience Memories in Orbit, Tides of Tomorrow, Maseylia Echoes of the Past ou encore Cairn en 2026, voilà 5 jeux vidéo français dont on avait envie de reparler pour célébrer les belles surprises de 2025.

L’excellent Tape Denial a failli faire partie de la sélectionAbsolum

  • Date de sortie : 9 octobre 2025
  • Disponible sur PC, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 1 et 2

Absolum-ent merveilleux en coop

En 2020, Lizardcube, Dotemu et Guard Crush Games avaient déjà enflammé le beat ’em up avec Streets of Rage 4, mais Lizardcube est depuis parti chez Sega pour Shinobi: Art of Vengeance. Cette séparation a permis à Dotemu de lancer sa première franchise originale : Absolum. Pour épauler l’éditeur, Guard Crush reste aux commandes du gameplay et le studio d’animation Supamonks s’occupe des visuels (une série animée est d’ailleurs en préparation !).

Le jeu pose un cadre simple : dans un monde de fantasy, Azra, un grand méchant pas beau en quête de pouvoir, menace de prendre le contrôle de la planète. Face à lui se dressent quelques combattants marginaux. Ça tient en quelques lignes, mais ça suffit pour avoir envie de péter les genoux de l’antagoniste.

Il a pas une gueule de porte-bonheur

Et c’est là qu’on arrive au sel du jeu : la baston. En coop ou en solo, tout est fait pour encourager le(s) joueur(s) à être agressif. Une esquive bien calculée est un prétexte pour enchaîner avec une contre-attaque, une parade s’effectue en se ruant vers l’avant, faire un coup puissant en même temps qu’un adversaire engage un « clash » et l’étourdit. Chaque action est pensée pour que la suivante consiste à taper. Ajoutez à ça un sound-design aux petits oignons – le bruit des parades résonne encore dans nos oreilles – et vous obtenez la recette du beat ‘em up parfait.

La structure roguelite fait le reste : multiplication des builds, variété de personnages, routes alternatives pour varier le rythme… On a constamment envie de relancer une run pour tester des combinaisons, pour profiter des magnifiques paysages et pour réécouter ce qui est assurément l’une des BO de l’année. Gareth Coker (Ori, Halo Infinite) s’est surpassé, et les morceaux de ses invités sont tout aussi divins. Mention spéciale pour Morta Mima, composé par Yuka Kitamura (Dark Souls 3, Bloodborne). Une petite dernière ?

Wednesdays

  • Date de sortie : 25 mars 2025
  • Disponible sur : PC et Mac

Le choix des mots

Le jeu nous en informe dès le début : Wednesdays aborde des thématiques difficiles. Pourtant, au terme de l’heure et demie nécessaire à sa complétion, on ressort surtout avec une forme d’espoir. L’œuvre de Pierre Corbinais (Road 96 : Prologue, Enterre-moi, mon amour) parle d’inceste, de violences intrafamiliales et de sexualité mais ne cherche jamais à choquer. On y lance Orco Park, jeu de simulation de parc d’attractions qui a bercé l’enfance de Tim, protagoniste à la tête cubique.

Chaque installation ouvre un souvenir : sa première fois, la mort d’un proche… ou bien ses après-midis chez son cousin Giovanni, lieu de la tragédie au centre de Wednesdays. La narration décousue permet de refléter la difficulté de recomposer un passé trop lourd. Souvent, on incarne l’entourage de Tim plutôt que lui-même : sa meilleure amie, sa grand-mère, son père. Le dispositif est simple : un plan fixe, quelques choix de dialogues, et une conversation qui mène toujours au même point. L’idée n’est pas de varier les issues ou de réécrire l’histoire, mais de donner des pistes de réflexion sur le choix des mots.

Orco Park, le jeu d’enfance de Tim

Plusieurs scènes restent en tête par leur poésie, d’autres par leur brutalité. Dans une salle de classe, trois élèves à tête cubique renvoient à une statistique frappante : une personne sur dix est victime d’inceste. Malgré tout, Wednesdays n’est jamais écrasé par son sujet. On y trouve des moments légers : une escalade, une partie de The Legend of « Felda », des instants d’adolescence simples. Co-produit par Arte et The Pixel Hunt, le jeu cherche avant tout à lever le tabou et à montrer que parler – et être écouté – permet d’avancer.

Shinobi : Art of Vengeance

  • Date de sortie : 29 août 2025
  • Disponible sur PC, PS5, Xbox Series

Des visuels « entre tradition et modernité »

Après l’excellent Streets of Rage 4, Lizardcube a rejoint Sega pour ressusciter la franchise Shinobi. Si l’éditeur est japonais, les développeurs sont bien 100 % français : le studio parisien a tout fait en interne et a même recruté pour l’occasion. Le résultat hypnotise dès les premiers instants. Le légendaire Joe Musashi vit paisiblement avec les siens quand les armées du maléfique Ruse rasent son village. Le ninja mutique décide alors de venger à tout prix. Le scénario est simpliste, parfois trop, mais l’écriture bancale ne suffit pas à noircir le tableau général : Shinobi : Art of Vengeance est un jeu génial.

Graphiquement, les magiciens de Lizardcube sont parvenus à créer une gigantesque estampe japonaise, à mi-chemin entre des paysages colorés et un cyberpunk froid et métallique. L’envie de prendre une capture d’écran nous prend plus d’une dizaine de fois par zone, dans un désert ardent, une ville pluvieuse illuminée par des néons ou le village enneigé de l’introduction.

C’est de toute beautéééé

Niveau gameplay, c’est encore un travail d’orfèvre, malgré quelques sections de plateformes frustrantes. Combat agressif, réactif, punchy, à distance ou au corps à corps. Et c’est un parfait résumé de l’expérience : il y en a pour tous les goûts. La structure en metroidvania de certains segments ravira les complétionistes, puisqu’il faut refaire les premiers niveaux avec des compétences débloquées plus tard pour découvrir les secrets et objets dont le jeu recèle. Quatorze ans après l’épisode plutôt décevant sorti sur 3DS, Shinobi est enfin de retour… et plus en forme que jamais.

Rematch

  • Date de sortie : 19 juin 2025
  • Disponible sur : PC, PS5, Xbox Series (inclus dans le Game Pass)

Ambiance Captain Tsubasa

Après nous avoir appris le respect des aînés à grands coups de tatanes dans l’excellent Sifu, le studio parisien Sloclap a décidé de se ranger des arts martiaux pour enfiler des crampons. Et on est très loin de la simulation aseptisée façon EA Sports FC. Avec Rematch, Sloclap applique sa philosophie de la « baffe » au ballon rond. Pas de vue TV panoramique ni de gestion tactique soporifique, ici, la caméra est collée à la troisième personne dans le dos de l’avatar. Le résultat est une immersion qui rappelle davantage un jeu d’action nerveux qu’un match du dimanche soir.

Le concept est simple, mais diablement accrocheur : des affrontements en 5 contre 5 (ou 3 contre 3) sur des terrains fous (dans le désert, en forêt ou même dans l’espace), où vous ne contrôlez qu’un seul joueur. Pas d’arbitre, pas de fautes, pas de hors-jeu et, super idée, pas de statistiques. Contrairement aux ténors du genre où la note de votre joueur fait le travail à votre place, Rematch est une pure méritocratie. La précision de vos passes, vos tirs et vos dribbles ne dépendent que de votre timing et de votre talent manette en main.

Du foot dans un monde sous-marin ? C’est possible

Visuellement, le titre claque avec une esthétique ultra-stylisée, largement inspiré du comics et du manga, qui tourne sous Unreal Engine 5. C’est fluide, c’est parfois un joyeux bordel, mais c’est surtout jouissif dès qu’on commence à coordonner ses actions avec ses coéquipiers. Disponible depuis cet été et intelligemment inclus dans le Xbox Game Pass, c’est la petite douceur arcade idéale pour les soirées entre potes qui ont envie de s’insulter avec le sourire.

Savara

  • Date de sortie : 6 mai 2025
  • Disponible sur PC

Saloperies de champignons increvables

Dernier né de l’univers Dofus, Savara est sorti assez discrètement cette année. À mi-chemin entre Hades et Monster Hunter, le titre de Doryah Games est un roguelite rafraîchissant. On y incarne la championne d’Iop projetée dans une succession d’arènes. Par rapport à Absolum cité plus haut, Savara donne d’abord une impression de lenteur déroutante, voire décourageante. Les premiers ennemis sont longs à tuer et le rythme demande un petit temps d’adaptation.

Heureusement, la structure gagne vite en richesse, notamment grâce à la mécanique du changement d’arme à la volée, qui permet d’attaquer tout en variant son arsenal. Les matériaux collectés sur les monstres permettent de créer de nouveaux équipements tandis que les bénédictions obtenues à la fin de chaque salle permettent de varier la manière d’aborder les combats. Le jeu révèle alors tout son potentiel : on se surprend à optimiser nos builds et à tenter toutes sortes de combinaisons pour mettre les plus grosses patates possibles. 

Certaines salles font suer des mains

La difficulté est exigeante mais jamais injuste, reposant quasi exclusivement sur la lecture de patterns façon Soulslike. Et si l’on peut regretter un bestiaire limité et des environnements peu variés, Savara a déjà eu droit à deux mises à jour gratuites depuis sa sortie. De quoi nous donner de l’espoir de voir ce roguelite évoluer, car tout le reste est bien là : animations lisibles, jolis décors, courbe de progression gratifiante. Doryah Games est un studio à suivre avec attention.