Par

Emil Vautrin

Publié le

29 déc. 2025 à 17h08

Installée depuis des siècles comme capitale française officielle, Paris a parfois dû céder sa place au vu des circonstances. 

Versailles, Lyon, Bayeux… Actu Patrimoine vous présente cinq villes qui ont servi de siège symbolique ou fonctionnel à la France, à un moment donné.

Bayeux, été 1944 : la “capitale symbolique” des territoires libérés

Bayeux est libérée dès le 7 juin 1944, au lendemain du Débarquement. Une semaine plus tard, le 14 juin, Charles de Gaulle y foule à nouveau le sol français, avec un objectif politique explicite : imposer l’autorité du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) et rétablir la légalité républicaine sur les zones libérées.

Avant de repartir, il charge notamment le commissaire de la République François Coulet de remettre l’administration en marche.

Dans ce récit de la Libération, Bayeux devient alors, “le temps de l’été 1944”, une capitale symbolique des territoires libérés… jusqu’à la Libération de Paris, le 25 août 1944.

Lyon, 1940-1944 : la “capitale de la Résistance”

Ici, la capitale n’est pas celle des ministères, mais celle d’un contre-pouvoir clandestin. En zone non occupée puis, après novembre 1942, sous la menace directe de la répression, Lyon devient un centre majeur de l’action clandestine : réseaux, presse, filières, coordination.

Cette densité lui vaut très tôt le surnom de “capitale de la Résistance”, expression reprise dans la mémoire officielle comme dans les hommages de l’après-Libération.

Bordeaux, 1914 puis 1940 : gouverner loin du front

Deux fois au 20e siècle, Bordeaux se transforme en capitale « de repli ». D’abord en septembre 1914 : alors que l’armée allemande menace Paris, le gouvernement déménage en Gironde. Pendant plus de trois mois, la France en guerre est administrée depuis Bordeaux.

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Le scénario se rejoue en juin 1940 : face à l’avancée allemande, les pouvoirs publics quittent Paris, passent par Tours, puis s’installent à Bordeaux, devenue pour quelques jours un centre de décision où se joue aussi la fin de la Troisième République.

Vichy, 1940-1944 : le siège d’un État

À partir de juillet 1940, Vichy devient le siège du gouvernement de l’“État français” jusqu’à l’été 1944.

Le choix de cette station thermale tient à des raisons très concrètes : une forte capacité hôtelière pour loger administrations et délégations, et une localisation jugée pratique dans la France de l’époque.

Ici, on n’est plus dans la capitale “de repli” : Vichy concentre durablement les rouages d’un régime, avec ses services, ses décisions et sa mise en scène politique. 

Versailles, 1871-1879 : la République dans le palais des rois

Changement d’époque, mais même logique : quand Paris vacille, le pouvoir se déplace. Après 1870 et la crise de 1871, Versailles devient un centre politique majeur : l’Assemblée siège sur place et la jeune Troisième République s’y structure.

Les débats parlementaires s’y tiennent jusqu’à 1879, date à laquelle le Parlement regagne Paris — tout en conservant à Versailles un rôle durable, puisque le château accueille encore aujourd’hui le Parlement réuni en Congrès.

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