Longtemps en retrait sur le marché des produits indiciels, l’Hexagone est aujourd’hui le pays européen où les détenteurs d’ETF sont les plus jeunes.

Simples d’usage, liquides, transparents : les ETF, pour «exchange-traded funds», se sont imposés cette année comme la porte d’entrée en Bourse d’une nouvelle génération d’épargnants français. C’est ce qu’a montré l’étude People & Money 2025 de BlackRock, qui fait état d’un engouement sans précédent pour ces fonds qui répliquent les performances d’un indice boursier (Dax, CAC 40, Nasdaq, S&P 500…) ou d’un panier d’actions, et dont les parts se négocient en continu sur le marché. Le nombre de détenteurs français d’ETF a en effet bondi de 117% en 2025, selon l’étude, une progression record en Europe, avec une dynamique sans précédent parmi les moins de 35 ans.

«Le nombre de détenteurs français a doublé en l’espace d’un an, atteignant 2,6 millions d’investisseurs, faisant des ETF le produit d’investissement à la croissance la plus rapide du pays», constate Arnaud Gihan, responsable iShares & Wealth France, Belgique et Luxembourg chez BlackRock, cité par BFM Business. Alors que seuls 2% des adultes français investissaient en ETF en 2022, détaille-t-il, ils sont désormais 5%, aidés notamment par l’essor des néo-brokers, ces courtiers 100% numérique permettant d’acheter et de vendre des produits à frais réduits, généralement via une application mobile ou un site web. «L’offre d’accès à ce type de placement s’est étoffée (…) et est devenue de plus en plus compétitive», poursuit le spécialiste.


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Ce mouvement est également nourri par les craintes qui pèsent sur l’épargne en période de crise, par exemple celle du Covid : «On observe une accélération de l’usage des ETF lors de stress sur les marchés, détaille l’expert de BlackRock. Les investisseurs privilégient alors ce type de placement pour bénéficier de sa transparence, sa simplicité et sa liquidité.» La tendance devrait se poursuivre l’an prochain, puisque le nombre d’investisseurs en ETF pourrait passer la barre des 4 millions d’ici fin 2026, selon BlackRock.

Les jeunes en première ligne

Fait notable : la moyenne d’âge, et c’est là une spécificité française, est particulièrement basse, puisque 52% des détenteurs français d’ETF ont moins de 35 ans, contre 37% en moyenne en Europe. «Depuis 2024, l’adoption des ETF en France progresse dans toutes les catégories démographiques, en particulier chez les 18–34 ans, avec une croissance de +178 %», note l’étude. «Nous avons les détenteurs d’ETF les plus jeunes d’Europe, c’est une proportion inédite», abonde Arnaud Gihan. Les raisons d’un tel engouement ? Les jeunes Français interrogés citent en premier lieu la «diversification entre entreprises et marchés» que permettent ces produits indiciels (42%), puis la facilité d’achat et de vente des ETF (33%), avant d’évoquer la simplicité de leur utilisation (30%).

Cependant, pour 29% des investisseurs moins de 35 ans, les ETF sont avant tout «une bonne façon pour commencer à investir», avec un potentiel de rendement jugé supérieur à celui de l’épargne classique, comme les livrets réglementés (Livret A, LDDS, assurance, vie, etc.) De cette manière, souligne l’étude, les ETF apparaissent comme un puissant levier de démocratisation de l’investissement, en le rendant accessible au plus grand nombre. «Une majorité de détenteurs expliquent avoir opté pour ce placement en raison de leur simplicité», poursuit Arnaud Gihan, cité par nos confrères.

Le marché des ETF était pourtant «longtemps resté en retrait» en France, rappelle l’étude. Certains pays à la culture financière plus développée comme l’Allemagne affichent en effet un taux de détention d’ETF de 55% parmi les investisseurs, contre seulement 21% pour l’Hexagone. Pire : plus d’un Français sur deux n’aurait jamais entendu parler de ce type de placement, contre seulement 19% en Allemagne et en moyenne 41% dans Union européenne. Un «effet de rattrapage», donc, qui explique en partie la prépondérance des jeunes générations sur ce marché en plein essor : parmi les investisseurs âgés de 18 à 34 ans, 32 % ont investi dans des ETF cette année, contre seulement 12% en 2024. Là encore, la tendance devrait se poursuivre, assure BlackRock : 1,6 million de nouveaux investisseurs sont attendus sur les 12 prochains mois (+61%), majoritairement des jeunes réalisant leur tout premier investissement.