Publié le
28 déc. 2025 à 18h04
Ils étaient les premiers à se déclarer candidats, plus d’un an avant les élections municipales de 2026. La liste Bordeaux en luttes est formée de figures des gilets jaunes et de la gauche radicale, aujourd’hui représentés par Myriam Eckert au conseil municipal. Fort de cette expérience, le collectif espère obtenir plus de sièges d’élus en mars prochain. Au cœur de leur programme : augmenter la démocratie directe, et pour cela, instaurer un mandat tournant.
Un mandat tournant
« On est tenus par les règles de fonctionnement d’un conseil municipal, mais ce qu’on aimerait faire c’est que la plupart des gens puissent participer directement. Une voie possible, c’est celle du mandat tournant, explique Bruno Bouyer, l’un des membres du collectif. C’est un peu un dévoiement de la voie électorale, mais ça existe. C’est à peu près ce qu’il s’est passé avec la démission d’Antoine Boudinet, le suivant sur la liste prend le relais. »
Ce que veut le collectif, c’est « surtout donner la parole aux citoyens sur le terrain ». Pour ce faire, il a participé aux rencontres nationales des listes citoyennes et participatives à Poitiers. « Il y a plus de 360 listes qui se présentent en France et elles sont déterminées », affirme Myriam Eckert.
Le mandat tournant permettrait « d’avoir un maximum de gens formés en passant par le conseil municipal et de redonner confiance dans le collectif et le politique ». Les candidats s’engagent aussi à laisser le siège au collectif s’ils veulent le quitter par la suite.
Un principe qui nécessite d’avoir beaucoup de personnes prêtes à siéger sur la liste. Si celle-ci n’est pas encore arrêtée, elle ne devrait pas afficher de partis politiques. On y trouvera des figures du mouvement des gilets jaunes comme Myriam Eckert ou Antoine Boudinet.
« Toutes nos idées sont discutables »
Via sa page Facebook, le collectif trace depuis des mois les grandes idées de son programme : des réquisitions massives de logements vacants « sans spoliation », un soutien plus fort aux maraudes, le désarmement de la police municipale… Mais « à partir du moment où on met au centre la démocratie directe, toutes nos idées sont discutables même si on a des convictions très fortes », souligne Myriam Eckert.
« Aujourd’hui, la démocratie participative consiste essentiellement à aller sur internet pour participer à des concertations où on n’est pas décisionnaire ou participer à des réunions où tout est déjà joué d’avance, détaille la conseillère municipale. C’est là qu’on voit les limites : si les gens au pouvoir ont décidé de faire quelque chose, ils le font, même si on leur propose de meilleurs contre-projets. »
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Alors pour « reprendre la main localement » et obtenir les sièges supplémentaires, Bordeaux en luttes espère aller puiser dans la réserve de voix des abstentionnistes. Mais aussi « les militants qui ne votent plus en se disant que ça ne sert à rien », souligne Myriam Eckert.
« Si au cours d’un mandat on arrive à faire en sorte que tous les citoyens se sentent concernés par ce qui leur arrive, on n’aura peut être pas construit un grand pont, mais on aura bien avancé dans le fonctionnement démocratique d’une cité », assure Bruno Bouyer.
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