Par

Glenn Gillet

Publié le

30 déc. 2025 à 6h28

Passage Colbert, Galerie Vivienne, Passage du Grand-Cerf… Pénétrer dans l’une de ces voies piétonnes couvertes, c’est avoir l’impression de remonter un peu le fil de la riche histoire de Paris. Une centaine de ces passages couverts ont été créés à partir de la fin du XVIIIe siècle pour accueillir des commerçants mais la majorité d’entre eux ont progressivement été détruits ou fermés au public, notamment dans lors des travaux d’Haussmann. La capitale compte aujourd’hui 18 passages et galeries patrimoniaux (dont 17 rive droite) classés au titre des monuments historiques, selon l’association Passages & Galeries. Mais toutes ne connaissent pas le même dynamisme.

« Beaucoup de touristes qui viennent » mais « assez peu qui s’arrêtent »

Il a fallu du temps pour que les passages redeviennent, d’une certaine façon, à la mode. Connus des Parisiens et des spécialistes, ils n’étaient que rarement fléchés dans les rues ou répertoriés dans les documentations à destination des touristes. « Il y a 20 ans, ils n’étaient pas dans les guides et nous avons dû faire un gros travail pour qu’ils y soient intégrés », explique Aimée Dubos, présidente Passages & Galeries et gérante d’une partie de la Galerie de la Madeleine, dans le 1er arrondissement de la capitale. 

Mais aujourd’hui, la situation a bien changé : « Ce sont devenus des attractions patrimoniales et touristiques à Paris », présente Aimée Dubos, « alors maintenant on a beaucoup de touristes qui viennent mais il y en a assez peu qui s’arrêtent et surtout qui achètent ».

Si bien que certaines galeries connaissent aujourd’hui une certaine morosité, à l’image de la Galerie de la Madeleine ou de plusieurs passages attenants à la rue Saint-Denis : passage du Prado, passage Brady. Le dynamisme de ces galeries est surtout lié au commerce dans la rue : si les boutiques à l’extérieur fonctionnent bien, les commerces de galeries aussi.

Quelle recette pour permettre le dynamisme d’un passage couvert

Le dynamisme d’une galerie est aussi soumis à un équilibre entre les différents types de commerces qu’elle abrite : « Ce qui marche bien aujourd’hui, ce sont les restaurants, les magasins très spécialisés où les habitués reviennent, les magasins éphémères et puis les grandes marques », souligne Aimée Dubos, « là où il y a une erreur, c’est de penser que si on restaure simplement un passage, ça va attirer de l’activité ». Elle prend comme exemple le passage du Caire (3e arrondissement), dont la structure a été complètement rénovée en 2017, mais où de nombreux locaux commerciaux sont aujourd’hui vacants. 

@actu.paris

Au cours des dernières années, de nombreux commerces ont quitté le passage du Caire, le plus vieux et le plus long passage couvert de Paris #paris #histoire #patrimoine #commerce #fashion

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Dans un contexte de hausse tendancielle des loyers commerciaux à Paris, la hausse constante et rapide du chiffre d’affaires devient plus que jamais un enjeu de survie.

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Difficile de connaître précisément les taux de vacances par passage : contactés, la Chambre de commerce n’avait pas de données à disposition à communiquer et l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il est toutefois évident qu’il existe un public de personnes prêtes à fréquenter ces passages et à consommer dans les boutiques qui s’y trouvent. Le passage du Havre, situé dans le 9e arrondissement à proximité de la gare Saint-Lazare, date du milieu du XIXe siècle mais a été reconstruit et inauguré sous une nouvelle forme de centre commercial en 1997. Il a ensuite rapidement attiré de nombreuses marques et des foules de clients.

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