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Publié le 30/12/2025 06:52
Mis à jour le 30/12/2025 06:52
Temps de lecture : 5min

Le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique évolue au 1er janvier 2026. (PHILIPPE LAURENSON / MAXPPP)
La méthode de calcul du fameux diagnostic de performance énergétique va changer et intégrer une nouvelle valeur plus favorable aux logements chauffés à l’électricité. Un changement qui va améliorer l’étiquette de nombreuses habitations.
Le 1er janvier 2026 la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE), outil numéro 1 pour la rénovation énergétique, va changer. Le DPE, qui attribue des lettres entre A et G aux logements, cible notamment les passoires thermiques dont les notes sont situées entre F et G, mais les nouvelles règles rebattent les cartes.
Au 1er janvier, « le coefficient de conversion de l’électricité, actuellement fixé à 2,3, sera abaissé à 1,9 », peut-on lire sur le site du gouvernement. Autrement dit, ce nouveau calcul devient plus favorable pour les logements dotés de chauffages électriques. Il y a quatre millions de DPE qui sont réalisés chaque année.
Les passoires thermiques sont des logements aujourd’hui classés F ou G au DPE. On en compte 5,8 millions en France, mais ce chiffre devrait mécaniquement baisser de 14%. Cela est dû à ce changement de calcul du DPE, plus favorable aux chauffages électriques. Le gouvernement estime que l’ancien calcul était injuste car il valorisait trop le gaz au détriment de l’électricité, pourtant moins émettrice de CO2 grâce au nucléaire.
Concrètement, cela signifie, selon les estimations du gouvernement, que 850 000 propriétaires pourront gagner une lettre et se débarrasser de l’étiquette de passoire thermique sans avoir réalisé aucun travaux.
Il suffira simplement d’actualiser leur DPE gratuitement sur le site de l’Ademe, l’agence de l’environnement. « Ce changement pourra entraîner une évolution de votre étiquette, sans nécessiter de nouveau DPE ou de nouvel audit », indique l’Ademe. Une véritable aubaine puisque les logements F et G sont soumis à des contraintes lourdes : gel du loyer, voire interdiction de mise en location. Selon une étude de Se Loger, au moment de la vente, les logements classés passoires thermique enregistrent par ailleurs une perte de valeur de 15% par rapport à un bien en étiquette D.
Les acteurs de l’immobilier se félicitent de ce nouveau calcul, notamment parce que l’interdiction de mise en location qui concerne aujourd’hui les logements classés G, concernera la lettre F en 2028 et la lettre E en 2034, selon le calendrier actuel du gouvernement. 850 000 passoires thermiques en moins, ce sont autant de biens qui peuvent donc rester sur le marché de la location extrêmement tendu. Par ailleurs, « cette évolution du DPE encouragera les propriétaires à remplacer leur chaudière fossile par une pompe à chaleur, une solution décarbonée et efficace énergétiquement pour chauffer et climatiser les bâtiments », défend le gouvernement.
Mais la nouvelle n’est pas bonne pour tout le monde. Seize organisations de défense des consommateurs et de l’environnement dénoncent ce changement dans une lettre ouverte au Premier ministre. « Les premiers perdants d’une telle mesure seraient bien entendu les locataires, souvent précaires, de passoires et bouilloires thermiques. Les propriétaires de ces logements n’auraient plus aucune incitation ni obligation à les rénover, malgré des factures toujours aussi élevées pour les locataires », écrivent-ils.
La Fédération française du bâtiment souligne aussi de son côté que le marché de la rénovation énergétique de l’habitat n’en finit pas de décliner, et encaisse donc un nouveau coup dur après de la suspension de MaPrimRénov, faute de budget voté pour 2026.
Chaque année, il y a environ 80 000 faux DPE qui sont émis lors des demandes de subventions, mais aussi pour réaliser des travaux, selon le député Renaissance d’Indre-et-Loire, Daniel Labaronne, auteur d’un rapport sur le sujet, en décembre 2025.
Ce dernier propose la création d' »un ordre professionnel » pour notamment combattre les fraudes et « consolider » la profession. « Le diagnostic de performance énergétique qui est opposable, et qui a un pouvoir très fort parce qu’il peut remettre en cause la valeur d’un bien » fait qu’il y a « une pression forte qui pèse sur les épaules du diagnostiqueur », expliquait-il ainsi sur France Inter.
Toutefois, créer un véritable ordre peut s’avérer juridiquement complexe, alors le rapport propose un système équivalent, mais plus souple. Cette possible « fédération de diagnostiqueurs » définirait ainsi « un règlement intérieur », mettrait « en place des commissions de discipline ». Elle pourrait « prononcer des sanctions » et « ferait un peu le ménage pour mettre hors d’état de nuire les diagnostiqueurs de performance énergétique indélicats, comme le font les médecins, les avocats, les architectes », propose le député d’Indre-et-Loire.
Autre proposition avancée dans ce rapport, la création d’une plateforme nationale de signalement, avec un registre national d’alertes. Ou encore cette idée de dissocier la phase de réalisation du diagnostic de la communication de la note finale, du logement, qui pourrait être attribuée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) afin d’éviter toute pression sur le terrain sur les diagnostiqueurs par les propriétaires. Ces recommandations ont été avancées face aux dysfonctionnements sur la question des diagnostics de performance énergétique.