C’est une affaire qui secoue la « Bundeswehr », les forces armées allemandes, depuis plusieurs semaines. Lundi, le gouvernement allemand a condamné des comportements « inacceptables » au sein du régiment de parachutistes 26 basé à Zweibrücken, dans le sud-ouest de l’Allemagne, près de la frontière française.

Cette unité militaire est sous le feu des critiques et de la justice depuis que certains de ses que des soldats font l’objet d’enquêtes pour des violences, des comportements sexistes, de la consommation de drogues ou de l’affichage de symboles d’extrême droite.

55 suspects

« L’extrémisme de droite et des comportements sexuels inappropriés, ce sont les infractions en cause, ne sont pas tolérés au sein de la Bundeswehr », a déclaré un porte-parole de la Bundeswehr en conférence de presse régulière, Kenneth Harms, évoquant des incidents « inacceptables ». Il a aussi dénoncé une « atteinte grave aux droits intimes de certaines personnes » qui a « aussi le potentiel de nuire à la réputation de la Bundeswehr dans son ensemble ».

Tout a commencé après le signalement de deux soldates en juin, selon le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Depuis, plusieurs dizaines de parachutistes ont été mis en cause, notamment pour des « incidents d’extrême droite et antisémites » et des « rituels violents », et une vingtaine de soldats ont déjà été exclus.

Le commandant du régiment a été remplacé et des enquêtes ont été menées contre 55 suspects. Des procédures de licenciement sont engagées contre 19 d’entre eux, dont trois ont abouti, a précisé une porte-parole de l’armée. « Au total, 16 affaires ont été renvoyées au parquet. Des mesures disciplinaires ont également été prises dans 16 cas, et le parquet militaire a ouvert des enquêtes préliminaires dans 20 affaires », a-t-elle ajouté.

19 plaintes reçues

Fin novembre, le parquet de Zweibrücken a confirmé avoir reçu 19 plaintes, émanant de l’armée et de son instance disciplinaire, visant des soldats sans grade et des sous-officiers de la caserne de cette unité d’élite. Les investigations sont toujours en cours.

La police mène des enquêtes pour de « possibles violations de la loi sur les stupéfiants ou de la loi sur le cannabis à usage personnel », mais aussi pour « des accusations d’incitation à la haine » et « d’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles », terminologie associée aux mouvances néonazies.