L’union fait la force dit le proverbe. Le Gym a vérifié combien l’inverse peut être vrai aussi sur ce début de saison raté.
Le trio Bocquet-Maurice-Haise s’était tellement divisé qu’il n’avait plus d’autorité sur un effectif suffisamment démobilisé pour battre des records de médiocrité.
Après la tête du club, le responsable technique du vestiaire a trinqué la semaine suivante.
Nice avait enfin gagné un match contre Saint-Etienne, mais Jean-Pierre Rivère avait surtout constaté tout ce que le club avait perdu à l’abri du vestiaire.
Dans les attitudes, chez un entraîneur qui n’était plus entraînant pour ses joueurs.
« Le mal est plus profond que je ne l’imaginais de l’extérieur », a rembobiné ce lundi 29 décembre le président pour expliquer le coup de fil de Noël particulier qu’a reçu Franck Haise.
« Nous avons eu une discussion très humaine, très franche avec Franck, avec pour seul objectif l’intérêt du club. Pour aboutir à la conclusion qu’on était arrivé à la fin d’une histoire. »

Cinq mois pour redresser une telle situation, c’est peu. Il fallait faire vite et viser juste pour le binôme Rivère-Cohen.
Les dossiers d’Antoine Kombouaré ou Frédéric Antonetti ont été évoqués mais celui de Claude Puel cochait toutes les cases, surtout celle de la connaissance des hommes et de la maison.
« J’ai eu César Arghirudis (adjoint en charge de l’analyse du jeu) et Julien Sablé (adjoint) à Saint-Etienne, j’ai connu Benoît Delaval (directeur de la performance) à Lille, et Florian Maurice, je lui ai mis un peu le pied à l’étrier à Lyon en tant que recruteur. »
Une proximité déjà bénéfique puisque Claude Puel a appuyé les désirs de mercato de son directeur sportif auprès d’Elye Wahi et l’accord entre le Gym et Francfort autour des modalités du prêt semblaient ce lundi l’ultime rempart à l’arrivée de l’avant-centre sur la Côte d’Azur.
Au-delà des éventuels arrivants, Puel a débuté sa mission auprès des 23 joueurs, dont neuf jeunes, qui ont repris l’entraînement lundi.
Parce que « le terrain doit prendre la plus grande importance » selon lui, sa liste des devoirs est longue : « redonner confiance », « fédérer », « rendre collective l’expression individuelle », « accompagner », « faire percevoir les bienfaits d’une homogénéité », « donner un cadre qui permet d’exprimer ses qualités, sa créativité »…
« Quand tu fais le tour du vécu de Claude Puel et le parallèle avec la situation actuelle du club, tu ne peux que rejoindre la décision du président de le rappeler, » réagit Romain Genevois, recruté en 2012 par Claude Puel (photo ci-dessous).

En 2012, Romain Genevois était recruté par Claude Puel.
Photo François Vignola
« Il avait réussi sa première mission au club. Alors pourquoi pas réparer et reconsolider les fondations avec celui qui les avait posées ? »
Un atout pour les supporterset l’émergence de joueurs
L’échec de Lucien Favre montre qu’un retour n’est pas toujours gagnant mais « le contexte est différent » assure un ex-collaborateur du technicien suisse, victime des errements d’INEOS et Dave Brailsford.
Jim Ratcliffe a cette fois donné carte blanche à Jean-Pierre Rivère et Maurice Cohen et le binôme a redistribué les rôles en dix jours après un chaos de cinq mois.
À l’image de la Populaire Sud, qui attend plus de garanties pour mettre fin au boycott après la première entrevue positive organisée peu avant Noël, il est trop tôt pour mesurer les bienfaits des opérations mais « l’électrochoc » longtemps évoqué par Franck Haise était inéluctable.
Claude Puel n’a pas vu les derniers matchs du Gym et revient dans le foot après une pause de quatre ans mais il compte sur les ressources d’un staff désormais pléthorique – ils étaient quatre fois moins en 2012 – et cite le Niçois Eric Roy en exemple pour démontrer que tous les come-back sont possibles.
À 64 ans, le coach prônera toujours le beau jeu, la récompense du travail et du talent peu importe l’âge, ce qui peut être favorable à des jeunes comme Gabin Bernardeau et Djibril Coulibaly.
Lundi il a aussi évoqué « l’entraînement à la carte » pour rétablir « un effectif bancal » et raviver le souvenir de sa gestion particulière avec Kevin Anin (2012-13) ou Hatem Ben Arfa (2015-16).
Une carte à jouer pour Tanguy Ndombele, talent hors norme mais hors de forme depuis des mois.