Le Royaume-Uni s’apprête à franchir une étape majeure concernant le bien-être des crustacés et des mollusques. Peu avant Noël, le ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales a publié un texte législatif ambitieux. Ce projet de loi, qui sera débattu au début de l’année 2026, affirme que faire bouillir un crustacé vivant « n’est pas une méthode d’abattage acceptable ». En conséquence, Londres souhaite bannir cette pratique culinaire ancestrale d’ici à 2030 pour les homards, crabes, crevettes et même les pieuvres.  

« C’est une torture totalement évitable » Cette initiative législative s’appuie sur des données scientifiques rigoureuses. En 2021, un rapport de la London School of Economics a prouvé que ces animaux possèdent des récepteurs sensoriels capables de détecter les blessures ou les températures extrêmes.  Pour Ben Sturgeon, directeur de l’association Crustacean Compassion, l’enjeu est éthique. « Lorsque des animaux conscients sont plongés dans de l’eau bouillante, ils endurent plusieurs minutes de douleur atroce. C’est une torture totalement évitable », a-t-il expliqué dans un communiqué de presse, comme le relate Le Monde.  

Dès lors, le gouvernement travailliste entend transformer la reconnaissance symbolique de la loi de 2022 en obligations concrètes, avec l’interdiction de cette pratique d’ici à 2030. Le Royaume-Uni rejoindrait ainsi la Suisse et la Norvège dans le cercle restreint des pays protégeant légalement les crustacés de cette méthode d’abattage. 

Les restaurateurs face au coût de l’électrocution 

Toutefois, la mise en œuvre de cette mesure inquiète les professionnels. Le gouvernement préconise l’électrocution, mais cette méthode nécessite l’achat de machines coûteuses.  

James Chiavarini, restaurateur à Londres, exprime ses doutes auprès de nos confrères : « Aucun restaurateur ne va dépenser 3500 livres pour électrocuter des homards. » Il souligne : « Je ne vois pas comment le gouvernement va faire appliquer ça, à moins de mettre des policiers dans ma cuisine. » Certains chefs privilégient déjà une découpe rapide pour détruire le système nerveux instantanément. 

Enfin, cette réforme s’intègre dans une politique plus vaste. Le texte prévoit en effet de renforcer les normes pour l’élevage des chiens, d’interdire la chasse à courre et de supprimer les cages pour les poules pondeuses, précise BFMTV.