Publié : 15h19 – Modifié : 15h32 Dolores CHARLES

Le ministre du Commerce Serge Papin au MIN de Nantes
Crédit : Dolorès CHARLES
Serge Papin, le ministre des PME (Petites et Moyennes entreprises), du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, s’est rendu très tôt ce mardi 30 décembre, au Marché d’Intérêt National (MIN) de Loire-Atlantique (44), pour y rencontrer des professionnels, toujours mobilisés en cette période de fêtes.
A quelques heures du réveillon du nouvel an, le ministre des PME et du Commerce a visité le MIN de Nantes Rezé, tôt ce mardi. Ce Marché d’Intérêt National, situé en bordure du périphérique de Nantes, à Rezé, depuis son déménagement en 2019, est le plus grand marché de France derrière Rungis près de Paris.
Son activité principale est axée sur la filière des fruits et légumes, même si on y trouve aussi de la viande, des poissons, ou des fleurs.
MIN
Serge Papin a voulu saluer la hausse de la consommation des Français à Noël, portée notamment par des produits alimentaires « plus abordables » (*), d’où le coût du panier moyen pour Noël en baisse à 155 € en 2025, mais dans les allées du MIN, les avis étaient plus mesurés.
La viande et le poisson restent à des prix élevés. « La France a une inflation contenue et on fait partie d’ailleurs des pays d’Europe qui ont l’inflation la plus basse. Dans l’ensemble, tous les prix étaient en baisse cette année, et le panier moyen de Noël était aussi en baisse à cause (ou grâce à) la baisse des prix. C’est plutôt bon signe, » s’est réjouit l’ancien patron de System U.
Vite un budget !
Le vendéen a rencontré plusieurs grossistes qui ont fait part de leurs difficultés. En réponse, le ministre a prôné l’adoption rapide du budget de l’Etat, qui contient des mesures en faveur des commerces. « Il faut qu’il y ait un budget, c’est important. Le Parlement va se remettre au travail pour qu’on débouche sur un budget au plus tard on l’espère à la fin janvier… Evidemment, je pense à mon ministère, mais il y a des choses prévues comme baisser la taxe sur la valeur ajoutée, ou mettre en place la taxe petit colis pour se préserver des plateformes de Chine, en particulier (Shein). »
Serge Papin, ministre des PME et du commerceSerge Papin, ministre des PME et du commerce
Crédit : Dolorès CHARLES
Ludovic Larousse (en photo) est le directeur d’exploitation de Charpentier Primeurs, et il n’a « pas ressenti l’émulation de Noël qu’il pouvait avoir sur d’autres années sur des produits spécifiques, ou exotiques. »
Ludovic Larousse
« Souvent, les produits exotiques ça booste à Noël. Aujourd’hui, on sent la crainte, avec tout ce qui se passe au niveau économique, politique, géopolitique, on sent quand même une baisse de la consommation en fruits et légumes, et je sais que ce n’est pas qu’en fruits et légumes, c’est tout ce qui est métier de bouche, en général… Les gens font énormément attention et vont beaucoup moins sur des produits d’une certaine valeur, ils restent sur des produits basiques, plus basiques.
Ludovic Larousse, Directeur d’exploitation de Charpentier PrimeursLudovic Larousse, Directeur d’exploitation de Charpentier Primeurs
La Maison Berjac, qui fournit en produits alimentaires les professionnels des métiers de bouche, a réalisé une belle année, mais 2026 s’annonce plus compliquée pour la volaille vendéenne notamment selon Joël Blanchard, directeur d’exploitation.
La grippe aviaire : crainte du début 2026
« Malgré une année un peu compliquée, les gens se sont fait plaisir en décembre. Il y a eu un très bon mois de décembre, et on a fait une très bonne saison d’été. 2026 pourrait être une année assez compliquée, surtout en approvisionnement de marchandises. Janvier, février, mars et sur certaines pièces, surtout la dinde, ce sera moins 30% de production en France ! »
Vous craignez du chômage technique dans certaines entreprises ? « On a reçu des courriers de nos fournisseurs de volailles qui vont avoir du chômage technique en raison de la grippe aviaire. Ils ne pouvaient pas faire revenir les poussins, il fallait faire des vides sanitaires. »
Plus confiant, Serge Papin évoque une vaccination en cours et espère qu’au printemps tout sera rentré dans l’ordre.
Joël Blanchard, directeur d’exploitation, à la Maison BerjacJoël Blanchard, directeur d’exploitation, à la Maison Berjac
Maison Berjac
Crédit : Dolorès CHARLES
On doit être capable de produire toutes nos matières premières alimentaires en France. »
Pour le ministre, la souveraineté alimentaire doit être la priorité nationale. « Il y a des productions qu’il faut remettre en place. Je pense aux légumineuses qui sont en importation, mais les choses sont en train de se corriger. On voit bien qu’il y a certains secteurs où il y a eu de la prémiumisation, il faut aussi qu’on ait des matières premières agricoles qui soient très accessibles. On doit être capable de produire toutes nos matières premières alimentaires en France. »
Serge Papin, ministre des PME et du CommerceSerge Papin, ministre des PME et du Commerce
Face à cela, la France ne doit pas, en l’état, signer l’accord Mercosur. « Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures, avance Serge Papin qui connait bien le sujet de la Loi Egalim. On ne peut pas demander aux éleveurs français de respecter des normes, et pas les autres. Je pense notamment à l’utilisation de pesticides classés dangereux pour la santé ou de certaines hormones utilisées pour l’élevage. Tant qu’on ne sera pas sûr de ça, je pense que la France ne sera pas en mesure de signer l’accord. »
L’ancien patron de Système U Serge Papin entend s’atteler à d’autres chantiers en 2026, comme la reconquête du marché intérieur et la mise en place d’un made in France accessible.
(*) La hausse de la consommation est de 15% à 20% par rapport à 2024, dans certaines enseignes de la grande distribution.