Par

Fabien Massin

Publié le

30 déc. 2025 à 20h00

Parmi les parkings souterrains de Rouen (Seine-Maritime), une partie est du ressort de la Métropole Rouen Normandie, via la société Rouen Normandie Stationnement (RNS), à qui est confiée cette délégation de service public. Il en va ainsi des parkings hôtel de ville, place du Vieux-Marché, cathédrale ou encore palais de justice. Comment fonctionnent-ils et combien rapportent-ils à la collectivité ? Voici quelques éléments de réponse avec Rémy de Nijs, directeur général de Rouen Normandie Stationnement. 

De quoi parle-t-on ? 

RNS a la gestion des parkings suivant : hôtel de ville (346 places) ; opéra (154 places) ; Vieux-Marché (394 places) ; cathédrale (301 places après travaux) ; Franklin à Elbeuf (325) ; Saint-Marc (533 places). RNS est également titulaire du marché d’exploitation du parc de stationnement du Mont-Riboudet (plus de 800 places).

Sur un total de quelque 11 000 places de parking (souterrains ou autres) payantes, cela représente 24 % du parc

Qui gère ? 

Rouen Normandie Stationnement est une société dont les actionnaires principaux sont la Métropole Rouen Normandie et la Ville de Rouen. Les collectivités confient à RNS une délégation de service public (DSP) du type affermage. Pour faire simple, la Métropole assure les investissements, la société la gestion des parkings au quotidien. Pour cela, elle emploie 56 personnes.

« Les parkings fonctionnent avec du personnel présent sur place 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ce qui n’est pas le cas partout, tient à souligner Rémy de Nijs. Pour une collectivité, disposer d’un service de parkings, en plus de l’offre strictement privée, c’est important. C’est un outil dans le développement d’une politique de mobilité urbaine. »

Combien ça coûte et combien ça rapporte ? 

Le ticket moyen est variable d’un parking à l’autre et est à environ 5 euros. La durée moyenne de stationnement est de 2h. L’abonnement mensuel 24h/24 – 7j/7 coûte 108,10 euros ; l’abonnement mensuel « nuit » (17h30-9h30 + dimanches) coûte 32,30 euros. La fréquentation des usagers horaires est en hausse depuis plusieurs années (+3,2% en 2024/2023). 

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Les recettes annuelles s’élèvent à 5,7 millions d’euros. 2,2 millions sont reversés à la Métropole à titre de redevance, le reste c’est pour faire fonctionner le service. 

Quels sont les enjeux et perspectives ? 

« Les enjeux à venir son multiples, mais un sujet qui me tient à cœur est celui d’améliorer encore et toujours la fluidité des accès aux parkings, indique Rémy de Nijs. Avec une numérisation accrue (billettique intégrée, data temps réel/occupation, prédiction), sans arriver jusque là, on peut s’inspirer de ce qui a été fait le passage d’autoroutes en flux libre

Il y a également toujours ce qui touche à la sécurité et à la qualité de service (vidéoprotection, présence humaine, signalétique, parcours personnes à mobilité réduite) ; à la cohérence globale de l’offre (rotation en cœur de ville, report vers ouvrages et parkings‑relais, articulation avec les transports en commun), etc.

Rémy de Nijjs

6000 places de stationnement payant

Dans sa délégation de service public, RNS a également la gestion de la fourrière (environ 5400 enlèvements par an), la gestion du stationnement Lovélo, ainsi que celle des places de stationnement payant sur la voire, 6000 au total. « Instaurer du stationnement payant, ça n’est pas une question de recettes et de vision purement comptable, pas du tout, assure Rémy de Nijs. Il s’agit de lutter contre le phénomène des voitures ventouses. En centre-ville le stationnement courte durée (2h) donne du temps aux gens pour faire des courses, et dans les quartiers, comme celui de la gare où le stationnement a longtemps été problématique, avec la mise en place de tarifs résidentiels avantageux, cela a grandement fluidifié la situation. »
Plus de 500 places de stationnement sont également réservées aux personnes en situation de handicap.
Et cas de verbalisation aujourd’hui on ne parle plus d’amendes mais de FPS (forfait de post-stationnement). « Les contrôles par la voiture LAPI* (180 000 FPS/an) permettent de maintenir un bon niveau de taux de respect, informe Rémy de Nijs. Le montant des FPS s’élève à 3 500 000 euros. répartis entre la ville de Rouen et la Métropole en fonction des frais de contrôle. »
*Ces fameuses « sulfateuses à PV »

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