De 1958 à la disparition de l’actrice le 28 décembre, La Madrague figurait comme l’oasis lumineuse de Brigitte Bardot, s’imposant comme un pilier du mythe de Saint-Tropez.
Le cœur battant de La Madrague n’est plus. Le mythe de cette maison de pêcheur tropézienne, posée face à la Méditerranée, débute en 1958, lorsque, sur un coup de tête, une jeune Brigitte Bardot, en quête d’un refuge, en fait l’acquisition pour 24 millions d’anciens francs (environ 460 000 euros aujourd’hui). La demeure champêtre sise sur la route de Canebiers, en bord de plage, devient alors un roc inébranlable face aux tempêtes qui ont jalonné la vie de l’icône française, jusqu’à son dernier souffle, poussé ce 28 décembre, à l’âge de 91 ans. «La Madrague, c’est ma maison, mon refuge, ma vie. C’est moi, avec ses joies, ses rires, ses nostalgies, son soleil, son mistral, sa célébrité qui me colle à la peau…», confiait-elle dans Télé Star en 2017.
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C’est en effet à Saint-Tropez, il y a plus de sept décennies, que l’icône du cinéma français à la chevelure miel fascine, effare, séduit et bouscule le cinéma sous la caméra de son époux Roger Vadim, avec Et Dieu… créa la femme (1956). Acquise par Brigitte Bardot, La Madrague devient alors le théâtre de fêtes effervescentes où l’on croise Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jean-Louis Trintignant… Mais la maison est aussi le témoin de séparations, d’unions, et de la naissance de son fils unique, Nicolas-Jacques Charrier. En 1963, Brigitte Bardot chantera même les louanges de la villa dans une chanson qui porte le nom de la demeure, au rythme de la mélodie de Gérard Bourgeois : «Sur la plage abandonnée / Coquillages et crustacés / Qui l’eût cru ! Déplorent la perte de l’été / Qui depuis s’en est allé».
Naturellement, ce havre de paix, où l’actrice invite le fleuron du cinéma français, devient le terrain de chasse privilégié des paparazzis. Car, à l’image d’un serpent qui se mord la queue, la célébrité attire la célébrité, et B.B. invite, à son insu, des personnalités du monde entier dans ce village de pêcheurs, presque déserté à son arrivée des années plus tôt. Chacune de ses apparitions déchaîne les foules et fait crépiter les flashes des paparazzis, qui tentent par tous les moyens de voler une photo de l’actrice en affluant à la nage, en bateau ou se cachant derrière les bougainvilliers qui abritent la villa. Le Saint-Tropez d’antan n’est plus, et, pour préserver son intimité, la Tropézienne d’adoption acquiert La Garrigue, non loin de là, une maison sise sur le site du Capon.
Un refuge préservé
Mais si La Madrague figurait pendant un temps comme une oasis synonyme de soleil, de sel et de liberté insufflée par l’été, elle a su rester un refuge pérenne au long de la vie de B.B., comme à l’aube de ses 40 ans, lorsqu’elle se détourne du cinéma pour se consacrer à l’activisme animalier. C’est notamment à sa fondation éponyme pour la défense des animaux qu’est consacré le nouveau chapitre de cette villa devenue légendaire. Une volonté actée par l’actrice dès 1992, qui en fait don à la Fondation, et envisage de faire de La Madrague un musée : «Moyennant deux ou trois euros, qui alimenteront les caisses de ma fondation, le public pourra visiter ma maison de pêcheur», confiait-elle au Monde, avant d’ajouter sa volonté de préserver la villa «dans son jus». Un projet qui demeure indéfini à ce jour.
C’est notamment dans son jardin, aux côtés de ses animaux, que Brigitte Bardot souhaitait reposer après sa disparition : «Je préfère reposer là plutôt que dans le cimetière de Saint-Tropez où une foule de connards risquerait d’abîmer la tombe de mes parents et de mes grands-parents», déclarait-elle au Monde en 2018. Une dernière volonté difficile à exécuter, selon une source proche interrogée par l’AFP, en raison des nombreuses contraintes liées à un enterrement sur une propriété privée. Les obsèques de Brigitte Bardot se dérouleront finalement le 7 janvier prochain, lors d’une cérémonie à l’église Notre-Dame de l’Assomption de Saint-Tropez, suivie d’une «inhumation privée et confidentielle» au cimetière de la ville, a détaillé la Fondation Brigitte Bardot à l’Agence France-Presse, ce lundi 29 décembre. Retour, en images, sur l’histoire d’amour inébranlable entre B.B. et La Madrague.