Ce mardi 30 décembre au matin, malgré le froid, ils sont une dizaine à agiter les banderoles et à taper sur les casseroles. Devant l’entrée de l’hôtel centre gare Saint-Charles, boulevard Maurice-Bourdet (1er), le bruit attire l’attention des passants. Il résonne aussi dans la salle du petit-déjeuner où les touristes terminent leurs croissants. Dehors, les employés de l’ex-Holiday Inn, en grève depuis la veille, gardent le rythme. Au lendemain de Noël, les 25 salariés de l’établissement, dont seize au nettoyage, ont appris que sept d’entre eux seront licenciés « pour raison économique ».

Alors, sur le trottoir, ils le savent, ils jouent leur survie. Toufik Ghodbane, équipier ici depuis « 15 ans et six mois » est concerné. « On l’a appris par visio le 26 décembre, ça a été brutal, souligne le représentant syndical CNT-SO. La RH nous a justifié ces licenciements pour raisons économiques mais tout est opaque : les résultats financiers du groupe sont plutôt bons et parmi les salariés visés, on ne retrouve que des syndiqués ou des personnalités qui n’ont pas peur de dire les choses… » Sur la pancarte qu’il soulève, un slogan repris par ses collègues : « On n’est pas des chiffres, on est des êtres humains ».

« Rien n’est clair dans cette annonce »

À côté de l’entrée principale, un panneau vissé indique que l’hôtel de 120 chambres s’apprête à « se transformer » pour devenir un « Novotel ». Le 12 janvier en effet, les travaux débuteront dans les étages de l’établissement racheté en 2023 par le groupe hôtelier Alboran, créé en 2016 et propriétaire de 28 hôtels en France.

« Est-ce que la direction ne profiterait tout simplement pas de ces travaux de transformation en hôtel quatre étoiles pour se séparer d’une partie de ses salariés au lieu de les placer en chômage partiel ? », questionne une employée solidaire. À ses côtés, Gaëlle Barbero, défenseure syndicale CNT-SO, acquiesce. « La stratégie est connue, le groupe rachète des hôtels en crise et renouvelle ses équipes. En tout cas, rien n’est clair dans cette annonce de la RH, qui ne respecte en tout cas pas le droit. On ne va pas en rester là », promet-elle.

Déjà en grève en 2016, pour le versement de leur prime de fin d’année, les salariés avaient obtenu gain de cause.Déjà en grève en 2016, pour le versement de leur prime de fin d’année, les salariés avaient obtenu gain de cause. / Photo Ch.C.

Déjà en grève en 2016, pour le versement de leur prime de fin d’année, les salariés avaient obtenu gain de cause. « C’est pour cela que nous ne lâcherons pas », insiste le représentant du personnel, Toufik Ghodbane. Contactée, la direction n’a pas souhaité s’exprimer.