La plus grande échéance de l’année approche. Dans un mois, les meilleurs spécialistes français de cyclo-cross se frotteront au gratin mondial dans la course au maillot arc-en-ciel, à Hulst aux Pays-Bas. Entre-temps, c’est à Troyes que les tricolores s’affronteront pour tenter de décrocher les tant convoités titres de Champion de France. DirectVelo a profité de sa présence à Termonde, dimanche dernier, pour faire le point avec le sélectionneur national de la discipline, François Trarieux.
DirectVelo : Que retiens-tu de cette manche de Coupe du Monde à Termonde et plus généralement de la saison des jeunes français jusqu’à présent ?
François Trarieux : On restait sur de bons week-ends depuis le début de saison, en commençant fort à Tabor. On s’en était pas trop mal sorti également dans le sable de Coxyde. Lise (Revol) a fait un superbe début de saison et continue de confirmer son statut de Championne du Monde. Laly (Pichon) avait fait une très belle manche à Coxyde, ça a été un peu plus compliqué pour elle au départ ici, comme pour Zélie (Lambert) et Lucie (Elizalde). Elles ont passé toute la course à chasser le groupe qui se jouait le podium après avoir loupé le bon wagon en début de course, c’est dommage. Plus généralement, ces quatre premières manches de Coupe du Monde restaient des évaluations pour voir qui pouvait potentiellement être sélectionné au Mondial. Lise confirme tout ce qu’on attend d’elle. Je suis très satisfait qu’elle remporte le classement de la Coupe du Monde (les résultats sont pris sur les quatre meilleures courses et elle ne peut plus être devancée, NDLR), même si ce n’était pas l’objectif majeur de la saison. C’est seulement la deuxième Française à réussir cette performance après Célia Gery.
« ILS PARTENT DE LOIN SUR LA GRILLE »
Soren Bruyère Joumard repart bredouille de Termonde à cause d’un incident mécanique alors qu’il jouait la gagne…
Oui, ça fait deux week-ends consécutifs qu’il joue de malchance. Il a eu un problème de chaîne qui s’est bloquée. Il marchait, il était avec les trois de devant.
Aucun Junior français ne figure dans le Top 20 ce dimanche…
Victor Devos revient d’une grippe, Soen Le Pann a lui aussi enchaîné les petites maladies depuis un mois. Je ne veux pas leur trouver d’excuses mais forcément, ce n’est pas simple dans ces conditions-là de retrouver son meilleur niveau de forme. Caliste (Chainel) était sur un circuit très roulant qui ne lui convenait pas trop. Augustin (Fahy) disputait sa première manche de Coupe du Monde. Bien sûr, ce n’est pas trop en termes de résultat mais il faut aussi dire que mis à part Soren, les gamins paient le manque de points UCI. Ils partent de loin sur la grille et se retrouvent toujours à devoir faire des courses de remontée.
« JE COMMENCE À AVOIR UN BON GROUPE EN TÊTE »
Chez les Espoirs, comment analyses-tu la course d’Aubin Sparfel et de Léo Bisiaux ?
Je pense qu’il a manqué un peu d’expérience sur ce type de course. Il s’est retrouvé à lutter face à plusieurs Néerlandais et plusieurs Belges, dont certains évoluent qui plus est dans les mêmes équipes de marques et qui roulaient ensemble. Aubin devait aussi assumer son leadership au classement de la Coupe du Monde. Il n’y a pas eu photo tactiquement dans le final. Aubin s’est fait contrer. Léo (Bisiaux) a fait une belle course en partant de la quatrième ligne. Il devrait monter en pression au fil des courses, ça peut permettre à Aubin de se retrouver un peu moins seul à l’avant.
Où en es-tu au niveau de ta sélection pour le Championnat du Monde ?
Je commence à avoir un bon groupe en tête mais la décision finale sera prise et annoncée après le Championnat de France de Troyes. On a un très bon groupe même si tout n’a pas été évident à Termonde. Les contre-performances apprennent aussi aux coureurs à ne pas se reposer sur leurs lauriers. Même pour des Soren ou des Aubin qui peuvent prétendre au titre mondial, on voit que tout peut se jouer à des détails. Globalement, s’il fallait résumer la saison de nos équipes de jeunes jusqu’à présent, je suis quand même très satisfait. On est encore loin du Mondial, les jeunes savent qu’il y a encore du travail mais il n’y a rien d’alarmant. Il reste bien sûr des marges de progression et de quoi faire pendant un mois, jusqu’au Mondial, mais ce qu’on voit reste très encourageant.