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Publié le 30/12/2025 21:46

Mis à jour le 30/12/2025 21:47

Temps de lecture : 2min – vidéo : 3min

Art : "Village breton sous la neige", le tableau renversant de Paul Gauguin

Art : « Village breton sous la neige », le tableau renversant de Paul Gauguin
(France 2)

3min

Peint par Paul Gauguin lors de ses années à Pont-Aven (Finistère), le tableau qu’on nomme désormais « Village breton sous la neige », avait, dans un premier temps, été identifié comme « Les chutes du Niagara », avant d’être tourné dans le bon sens.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

De Paul Gauguin, on connaît le goût pour les tropiques, le soleil et les Taïtiennes, bien sûr. Les vahinés lui inspirent ses plus célèbres tableaux, une peinture gorgée de soleil. Mais avant Tahiti, Gauguin peint la Bretagne et même la Bretagne sous la neige. La notoriété d’un de ses tableaux est née d’un malentendu. À la mort de Gauguin en 1903, ses biens sont vendus aux enchères à Tahiti. Parmi eux, un tableau identifié comme « Les chutes du Niagara ». Certes, il faut avoir un peu d’imagination, mais un homme, Victor Segalen, s’apprêtant à l’acheter, se permet une légère correction.

Le commissaire-priseur l’avait en fait présenté à l’envers. Le tableau est logiquement rebaptisé « Village breton sous la neige ». Une œuvre renversante partie pour trois fois rien. Un tableau qui se découvre, dans le bon sens, au musée de Pont-Aven (Finistère), le village où il a vécu avant de s’installer sous les tropiques et qui l’a inspiré avec son clocher et ses chaumières. Et malgré la météo typiquement bretonne, Gauguin est déjà en recherche d’exotisme. « Son premier séjour en Bretagne, c’est en 1886. Il écrit à sa femme danoise, Mette, qu’il va dans un trou et qu’il va chercher une nouvelle inspiration. Pont-Aven, c’est un lieu qui n’a pas connu les effets de l’industrialisation galopante en cette fin du XIXe siècle », explique Sophie Kervran, directrice du Musée de Pont-Aven.

En 1886, Gauguin fuit l’agitation parisienne et s’installe dans le Finistère, son premier bout du monde. Ici, il trouve certes son style, mais aussi le froid. Dans ses lettres, il se plaint que l’hiver est rude. La neige l’épuise : « Le climat de Pont-Aven n’est pas tout à fait ce qu’il me faut. Mais que voulez-vous ? On ne choisit pas ». Résultat : un tableau un peu austère autour duquel un mystère subsiste encore : la date à laquelle l’artiste l’a peint. « Est-ce qu’il l’a peint ici, à Pont-Aven, en 1894, lors de son dernier séjour ? Ou est-ce que c’est plutôt en 1898 ou même en 1902-1903, juste avant sa mort, qu’il aurait peint de mémoire ce village, ce Pont-Aven ? », s’interroge Sophie Kervran.

Peint depuis sa case polynésienne, le souvenir d’un Noël breton enneigé. Un tableau que l’artiste garda précieusement jusqu’à sa mort. Une œuvre hivernale qui a fait tourner bien des têtes.