Ancien journal papier, l’entreprise marseillaise Milhe & Avons connaît une progression constante depuis sa création, en 1876. Au tournant des années 1990, boostée par l’essor de la société de consommation et son besoin continue de contenants, la société est en plein essor. Mais, en 1991, un drame bouleverse la vie de l’entreprise. En seulement deux semaines, deux violents incendies brûlent une partie du bâtiment de stockage ainsi qu’une grande partie de l’entrepôt de production de Milhe & Avons, installé dans le quartier de Saint-Barnabé, à Marseille.

Pour Milhe & Avons, ce double incendie est finalement perçu comme l’occasion d’un nouveau départ. Un nouvel élan qui va se matérialiser plusieurs mois plus tard par un nouveau changement de locaux, 30 ans après son installation dans l’entrepôt de Saint-Barnabé. Le 22 juin 1992, Bernard et Michel Milhe, les deux dirigeants de l’entreprise qui représentent alors la quatrième génération familiale, inaugurent la nouvelle usine installée au technopôle de Château-Gombert.

La fin du tout plastique

Durant les années qui suivent, l’entreprise se prépare à une révolution qui va frapper tout le secteur de l’emballage : la fin du tout plastique. « Cette prise de conscience écologique fait que le papier reprend une forme de lettre de noblesse », rappelle Olivier Milhe, l’actuel directeur commercial et marketing de l’entreprise.

Dans sa volonté de produire des sacs les plus écologiques possibles, Milhe & Avons va mettre au point ce qui va devenir sa marque de fabrique : le Cabas Massilia. Avec sa poignée torsadée, ce sac papier va rapidement s’imposer et devenir la référence de la société.

L’enjeu de la transmission

Alors que tout semble aller pour le mieux pour la société qui a su faire preuve de résilience et d’innovation, un évènement inattendu va de nouveau rebattre les cartes de l’entreprise : le Covid. Toujours flexible et en capacité de s’adapter, Milhe & Avons se met alors en ordre de marche et, en lien avec l’un de ses fournisseurs chinois, se lance dans l’acheminement de masques.

L’entreprise qui fêtera ses 150 ans d’existence l’année prochaine semble résister au temps et à tous les événements. Pourtant, il est un défi qui ne cesse de planer au-dessus de sa tête : la transmission familiale. « L’évidence de la transmission n’est jamais là, reconnaît Olivier Milhe, qui représente la cinquième génération à la tête de l’entreprise avec son frère Thomas, directeur général de Milhe & Avons. À chaque génération, un nouvel enjeu se présente, celui de savoir si des personnes ont l’envie et la capacité de reprendre l’entreprise. » Un enjeu pour chaque génération afin que l’affaire continue d’être le sac de la famille Milhe.

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Illustration du dossier Saga, nos récits sonores