De retour sur la pelouse de son ancien club, Matéo Le Corvec a vécu une soirée intense à Mayol. Solide mais inefficace offensivement, l’USAP s’est inclinée (31-16) malgré un engagement total, laissant au troisième ligne un goût d’inachevé.
Il y avait tout, sauf la victoire. Dimanche soir à Mayol, Matéo Le Corvec retrouvait Toulon, son ancien club, sous les couleurs de l’USAP. Une rencontre particulière, chargée d’émotions, mais aussi marquée par une frustration immense. « Il y a beaucoup de frustration, ça fait chier », lâchait le troisième ligne après la rencontre, résumant le sentiment général côté catalan. Dans le combat, les Perpignanais ont répondu présents, sans jamais céder. Ils ont mis « un cœur énorme », insistait le troisième ligne azur, soulignant l’investissement défensif de son équipe. Face à une formation varoise solide, l’USAP a longtemps résisté, multipliant les plaquages et refusant de rompre. Cependant, le manque d’adresse ballon en main a fini par peser lourd. « Si tu n’as pas l’adresse sur le ballon, tu ne peux rien faire », reconnaissait-il lucidement.
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À la pause, tous les espoirs restaient permis. Les Catalans savaient que les quinze premières minutes du second acte seraient décisives. Il était nécessaire de revenir avec un gros état d’esprit et beaucoup d’envie. La fatigue, un léger relâchement et surtout plusieurs essais encaissés ont cependant inversé la dynamique. Les changements toulonnais ont fait la différence, tandis qu’un carton jaune côté perpignanais compliquait encore la tâche. « Tout ça nous a fait perdre ce match », constatait Le Corvec.
Au classement, l’addition est sévère. Aucun point ramené, malgré une prestation encourageante sur le plan de l’engagement. « Il y a cette vaillance », soulignait le troisième ligne, convaincu que le groupe est en train de se construire. L’USAP commence à se forger un collectif solide, notamment en défense. Reste un chantier majeur : l’animation offensive. « Le rugby, c’est marquer des points. Si tu ne touches pas le ballon, tu ne peux rien faire », rappelait-il.
Sur le plan personnel, ce retour à Toulon a été lourd de sens. Dès l’arrivée au stade, les souvenirs ont afflué : les odeurs, les lumières, les supporters. « Ça fait quelque chose », confiait-il. Accueilli chaleureusement par le public varois, Le Corvec aurait préféré repartir sifflé… avec une victoire. Les applaudissements de fin de match, ressentis presque malgré lui, ont toutefois apporté un peu de baume au cœur. Malgré la défaite, l’USAP continue de progresser. Depuis plusieurs rencontres, les Catalans montrent un visage plus solide. Face à Toulouse, le prochain défi, Le Corvec l’assure : l’équipe perpignanaise a « plus d’armes qu’il y a quelques mois. » À condition de transformer l’engagement en points.