« C’est quand même paradoxal ! On parle de rendre le marché de Noël aux Strasbourgeois et on ferme le 26 décembre, alors que ce jour est férié en Alsace-Moselle et que les habitants auraient enfin le temps d’en profiter… » A l’image de la vingtaine de ses collègues forains rassemblés ce vendredi après-midi au marché de Noël de Strasbourg en plein rangement, place Kléber, Norman Guyomard est fâché de ne pas pouvoir ouvrir ce vendredi. Et comme eux, il est bien décidé à faire bouger les lignes…
Pour les forains, le fait d’avoir dû baisser le rideau le 24 décembre ne passe pas. « Ça ne peut plus durer ! On a besoin que le marché commence plus tôt, pour que mes collègues qui vendent des couronnes de l’avent et des décos puissent travailler, et de continuer au moins jusqu’au 27 décembre. C’est l’une des meilleures périodes ! Les rues sont pleines de touristes qui ne comprennent pas pourquoi c’est fini, alors que tous les autres marchés de Noël sont encore ouverts », s’agace Eric Bodein, vice-président départemental du Snif, le Syndicat national des industriels forains, à l’origine du rassemblement du jour.
Commencer plus tôt, terminer plus tard…
« Sur 300 chalets, on est 70 à 80 familles de forains. Strasbourg, c’est la locomotive ! Ce marché, on en a besoin », insiste celui qui y réalise « environ 50 % de son chiffre d’affaires annuel » et estime avoir perdu cette année « 20 à 25 % » du fait de la fermeture anticipée – l’an dernier, le marché était resté ouvert jusqu’au 27 décembre.
Pour 2026, les forains réclament « un marché de Noël ouvert du vendredi 20 novembre au dimanche 27 décembre » et calé sur les illuminations. Ils espèrent être reçus avec les différents partenaires – Ville, Vitrines de Strasbourg, Union des métiers et des industries de l’hôtellerie… – par le préfet début 2026 pour en parler… Et comptent bien obtenir gain de cause. Car, si ce vendredi la protestation s’est traduite par une sympathique distribution de vin chaud et de beignets prise d’assaut par des passants aussi ravis que surpris, les forains sont prêts à faire monter la pression si nécessaire, prévient Eric Bodein.