Cette chute est « cohérente » selon Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux, avec les droits de douane déjà imposés par Donald Trump en 2019.

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Article rédigé par

franceinfo

– Luc Chemla (France Inter)

Radio France

Publié le 30/12/2025 18:22

Temps de lecture : 3min

Illustration d'un verre de vin rouge. (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

Illustration d’un verre de vin rouge. (JEAN FRANCOIS FREY / MAXPPP)

Les exportations de vins et de spiritueux vers les États-Unis ont baissé de « 20 à 25% depuis le mois d’août », affirme Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux mardi 30 décembre sur France Inter.

Les droits de douane, qui imposent 15% de taxe sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis, sont entrés en vigueur le 7 août. « C’est une année folle où l’impensable est devenu la norme », ajoute le représentant de la Fédération.

« Malheureusement, c’est cohérent avec l’expérience qu’on a eue par le passé », poursuit Gabriel Picard évoquant les droits de douane imposés par Donald Trump en 2019. En 2025, les entreprises de la filière connaissent « une restriction de l’activité ou un ralentissement de l’activité de l’ordre du quart du chiffre d’affaires » par rapport aux « bases que l’on avait les dernières années », dit le président de la Fédération.

« Le marché américain est notre premier marché pour les vins et les spiritueux à l’export », rappelle-t-il. « C’est environ quatre milliards de chiffre d’affaires. Donc ça veut dire que c’est un impact colossal pour la filière, toutes régions confondues », déplore-t-il.

« C’est encore tôt pour chiffrer » le nombre d’entreprises en grande difficulté financière, indique Gabriel Picard. « En revanche, je peux vous dire que sur une région qui a fait l’objet d’attention médiatique forte, c’est-à-dire la région charentaise et le cognac », en raison des droits de douane et de la crise avec la Chine, « il y a un certain nombre d’entreprises qui souffrent et certaines qui sont en procédure judiciaire », assure le représentant de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux.

On ne peut pas dépendre d’un seul marché ou de deux marchés, la Chine et les États-Unis, même si ce sont des grands marchés

Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux

à France Inter

« C’est normal de regarder des alternatives », souligne-t-il. « Donc l’Amérique du Sud en est une. L’Inde en est une. Et tous les autres pays du monde sur lesquels on peut exporter » sont aussi des alternatives, déclare Gabriel Picard. « Il faut que la liberté de commerce soit possible », ajoute le président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux.

« C’est pour ça que, s’agissant de notre filière – je comprends les difficultés pour d’autres segments de l’agriculture française – on est favorable à la signature du Mercosur, parce que c’est une façon d’ouvrir un grand marché, notamment le Brésil, à nos vins et à nos spiritueux », affirme-t-il.

« Il y a des discussions qui sont en cours entre l’Union européenne et l’Inde pour baisser les droits de douane qui permettront d’avoir un accès plus facile au marché indien », détaille-t-il. « Il y a d’autres marchés dans le monde. Effectivement, il faut qu’on regarde toutes les possibilités qui s’offrent à nous pour diversifier nos exportations », conclut Gabriel Picard.