Paris est formel. Selon l’entourage présidentiel d’Emmanuel Macron, les assertions du Kremlin, qui accuse Kiev d’avoir attaqué une résidence de Vladimir Poutine sur les bords du lac Valdaï, dans l’oblast de Novgorod, ne reposeraient sur “aucune preuve solide”, rapporte le Guardian.
Cette source élyséenne, qui vient appuyer les dénégations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a précisé mardi 30 décembre que la France a procédé à des “recoupements d’informations avec ses partenaires” avant de parvenir à cette conclusion. L’entourage du président français voit dans les accusations russes “un acte de défi contre l’agenda de paix” du président américain Donald Trump.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté répété mardi que les allégations de Moscou étaient “fausses”. “Bien sûr, nos partenaires peuvent vérifier que c’est faux grâce à leurs capacités techniques”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse en ligne. Il a également annoncé qu’une réunion avec les dirigeants des pays alliés de Kiev était prévue le 6 janvier en France, après une rencontre le 3 janvier en Ukraine avec des conseillers à la sécurité d’États soutenant Kiev.
“Un coup de théâtre parfaitement orchestré”
Alors que les Ukrainiens et les Américains ont fait état le week-end dernier de nouveaux progrès dans les négociations lors de leur sommet à Mar-a-Lago, le “récit” de Moscou vise à “perturber les pourparlers de paix”, souligne NBC News. “Le timing” des accusations russes “n’a pas échappé aux observateurs ukrainiens et européens”.
C’est un “coup de théâtre parfaitement orchestré” par Moscou, a déclaré à la chaîne américaine l’expert Matthew Ford, professeur associé en études de guerre à l’Université de défense suédoise de Stockholm. Poutine cherche à se créer une “couverture” vis-à-vis de l’administration Trump “afin de continuer à tenter d’imposer sa ligne dure tout en évitant que les États‑Unis ne prennent le parti de l’Ukraine”.
Au vu du calendrier des négociations, “Il n’y a aucun intérêt objectif de l’Ukraine de faire ça alors qu’il y a un intérêt objectif de la Russie à répandre ce genre de propos”, analyse Aude Merlin, professeure en sciences politiques à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), dans un entretien accordé à la Libre Belgique.
Déploiement du système de missiles Orechnik en Biélorussie
Moscou a “intensifié encore un peu plus la pression” sur ces pourparlers mardi en annonçant que le système de missiles Orechnik, capable de transporter l’arme nucléaire, était entré en service actif en Biélorussie, rapporte The Independent.
Le ministère de la Défense russe a diffusé une vidéo montrant des véhicules de combat faisant partie du système de missiles balistiques mobiles à moyenne portée traversant une forêt dans le cadre d’un entraînement au combat. L’armée russe affirme que ces armes sont capables de “frapper des cibles sur l’ensemble du territoire européen”.