L’arrière est le seul joueur du championnat à avoir disputé l’intégralité des 13 rencontres de la phase aller. Un renfort robuste pour le MHR.

1040 minutes passées sur le terrain lors de la phase aller. Ne sortez pas vos calculettes, il n’en manque pas une. 13 rencontres de 80 minutes pour un temps complet. L’arrière australien du MHR, Tom Banks, est le seul à avoir réalisé ce tour de force. Loin devant le deuxième joueur le plus sollicité, le troisième-ligne de l’UBB, Cameron Woki (13 feuilles de match également, mais 929 minutes cumulées). Au rayon des statistiques, on peut également citer le pilier de l’Aviron Bayonnais, Andy Bordelai, le seul à compter également treize titularisations. Mais, sorti à chaque fois en cours de match, il n’a disputé «que» 711 minutes.

Tom Banks est donc unique. Pour le plus grand bonheur du MHR. Les dirigeants montpelliérains, en quête d’une doublure à l’Écossais Stuart Hogg, blessé, avaient jeté leur dévolu sur cette ex-valeur sûre des Wallabies (21 sélections de 2018 à 2022, dont les trois tests contre le XV de France à l’été 2022), partie ensuite moyenner ses talents pendant trois ans au Japon. Vu la faible intensité du championnat nippon de deuxième division, rien n’était certain sur la condition physique de l’arrière de 31 ans. Il a visiblement tiré profit des saisons à 13 matchs sous le maillot du Mie Honda Heat RFC, basé à Suzuka, pour recharger les batteries…

On a fait ce recrutement en dernière minute et c’est une bonne pioche.

Joan Caudullo, manager du MHR


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Le pari est donc gagné. Pour le MHR et pour le natif de Brisbane. Car venir se frotter aux cadences infernales du Top 14 après une longue parenthèse chill au Japon, c’en était un plutôt osé. Tom Banks en mesurait d’ailleurs l’ampleur. «Le Top 14, c’est la compétition la plus dure du monde, j’avais envie de m’y confronter», avait-il confié à son arrivée à Montpellier, l’été dernier. Un rebond surprenant, même pour lui. En fin de contrat avec le Mie Honda, il était sans club quand il échange «en visio» avec Bernard Laporte. «Le projet m’a plu et j’ai signé quelques semaines plus tard», a-t-il raconté.

Une bonne surprise également pour le manager du MHR, Joan Caudullo. «On a fait ce recrutement en dernière minute et c’est une bonne pioche. On avait un doute après ses trois saisons au Japon, dont une en deuxième division, mais il faut croire que ça l’a fait rajeunir, confiait-il récemment à l’Équipe. Il a une sacrée pointe de vitesse pour un joueur de 31 ans. C’est un très bon relanceur et, dans notre projet de jeu, on avait aussi besoin de joueurs qui prennent des initiatives. Il est très intéressant sur les contre-attaques et les ballons de récupération.»

Il a parcouru le plus de mètres lors de la phase aller

Car jouer 1040 minutes, c’est, certes, notable, mais le contenu de ces 13 rencontres disputées en intégralité compte encore plus. Et là, aucun doute, son apport est considérable. Il est le joueur qui a parcouru le plus de mètres ballon en mains (1108, devant Matthieu Jalibert 1032), et a battu 27 défenseurs (2 essais inscrits). Si sa maîtrise des ballons hauts (son passé de footballeur australien), du jeu au pied d’occupation et des relances est établie, sa défense, elle, est plus sujette à caution : seulement 52% de plaquages réussis…

Pas de quoi doucher l’enthousiasme de Tom Banks. Qui, interrogé par le Midi Libre, assure adorer ce rythme d’enfer, lui qui, exempté des rencontres de Challenge Cup, n’a eu que deux semaines de repos depuis le début de la saison. «Ce n’est pas un problème, assure l’Australien. En m’engageant ici, je savais que ce serait le plus gros défi physique de ma carrière. Que le Top 14 avait la particularité d’être très long et très engagé. Chaque semaine, c’est dur mais j’adore ! Chaque plaquage, chaque duel aérien, chaque zone de combat est une véritable bataille. La compétition est vraiment solide ; les adversaires, les équipes très physiques. C’est très excitant de se confronter à ça.»

Un plaisir encore renforcé par l’ambiance dans les stades. «L’atmosphère, la foule… Ici, c’est incroyable. En tant que joueur, tu apprécies forcément de disputer ces gros matchs avec un enjeu.» Tom Banks ne rechignera pas si, d’aventure, il devait également disputer les 13 rencontres de la phase retour.