Des huîtres et des moules de l’étang de Thau ont été, ce mardi 30 décembre, retirées de la vente. Cette mesure ne concerne que les coquillages collectés après le 19 décembre. Le tout a été officialisé ce mardi, soit plus de dix jours après que des huîtres affichant une teneur en norovirus supérieure à la norme ont été proposées sur les étals. Et des amateurs de coquillages ont été inégalement frappés par des vomissements, des diarrhées et des malaises.

Jean-Laurent, de Saint-Pons-de-Mauchiens, se souviendra longtemps du Noël 2025 : « J’étais chez mon fils, sur le bassin de Thau, on était une vingtaine, en famille. La moitié de la tablée a mangé des huîtres et tous ceux-là ont été malades, plus ou moins. Moi, j’ai vraiment morflé, d’autres, plus jeunes et peut-être plus costauds, ont moins souffert. J’ai commencé à être pas bien le lendemain soir, le mercredi. J’étais de nouveau invité à dîner mais je n’avais pas faim. Le lendemain, je suis parti travailler mais je n’étais vraiment pas mieux. Je suis rentré chez moi à 11 heures et les vomissements et la diarrhée ont commencé à peine j’étais arrivé. J’ai été très mal pendant 24 heures, puis très fatigué, épuisé, à ne pas pouvoir sortir de mon lit. C’est râlant parce que tu passes une soirée de Noël sympa, tu te dis le lendemain que tu as peut-être un peu trop mangé et après c’est l’horreur. Là, je pense que les huîtres c’est terminé, ça m’a vacciné ! »

Le quinquagénaire n’est pas le seul à témoigner de fêtes perturbées, avec un « coupable » désigné, les huîtres, et plus largement les coquillages de l’étang de Thau. Sur la boîte mail de Midi Libre, des témoignages, anonymes, racontent encore un épisode collectif de « fièvre, diarrhée et vomissements » consécutifs à la consommation de coquillages de l’étang de Thau à Noël.

Boire de l’eau avec du sel

Mardi matin, à l’heure des rumeurs persistantes, un infirmier libéral en exercice sur la zone mise en cause faisait même circuler chez ses proches un « petit message préventif » invitant à « faire attention avec les coquillages », car « la quasi-totalité des patients et des enfants de patients ayant mangé des huîtres ont une intoxication alimentaire assez importante ». Il n’a pas répondu aux sollicitations de Midi Libre. À Valergues, plus à l’est de Montpellier, son confrère Jean-François Bouscarain, représentant syndical de la profession ne note pas de phénomène remarquable : « Je travaillais à Noël, tous mes patients mangent des huîtres. Sur 40 personnes visitées, j’ai vu deux malades, mais difficile de savoir si ce sont les coquillages, ou les conséquences d’un excès de nourriture », avance prudemment l’infirmier.

« Cinq personnes avaient mangé des huîtres le 24 décembre. Mon père, le copain de ma sœur et mon frère ont vomi ou ont eu de la diarrhée le lendemain. C’est mon frère qui a vécu l’épisode le plus violent, il a même fait un malaise vagal », rapporte un Frontignanais. Contacté, le centre 15 « n’avait pas de véhicule de secours disponible », a « déconseillé de venir aux urgences », et invité à « boire de l’eau avec du sel ». « Il a été fatigué trois jours, avant de retrouver son état normal », explique son proche.

Une situation floue

Des personnes inégalement touchées, des informations contradictoires, des questions sans réponse, comme le nombre d’appels enregistrés par le centre 15 sur le sujet ces derniers jours, des éléments alarmants invérifiables, la situation sanitaire est longtemps restée floue le 30 janvier, jour de l’alerte. La veille, avant que les ostréiculteurs ne soient convoqués en réunion de crise, à l’heure des premiers bruits évoquant un problème, la direction de la communication de l’hôpital de Sète constatait bien « une recrudescence des intoxications alimentaires ou gastro-entérites », mais « rien d’exceptionnel compte tenu de la période ». Les pharmaciens également contactés par Midi Libre, ne relevaient rien d’anormal.

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L’agence régionale de santé n’a pas répondu aux nombreuses sollicitations de Midi Libre, renvoyant vers la Préfecture de l’Hérault, qui fait état dans un arrêté du 30 décembre discrètement paru sur son site internet en fin de journée, suivi d’un communiqué de presse dans la soirée, d’un problème de contamination avérée de l’eau de mer sur la zone de récolte des coquillages « depuis le 22 décembre inclus ».