Première et seule victoire, en décembre, des Centurions Narbonne ce mardi soir, face à Chaumont à l’Arena (3-0, 27-25, 25-20, 25-19). Après quatre déconvenues d’affilée, les Audois retrouvent des couleurs.
Qu’aurait caractérisé Vincent van Gogh s’il avait eu à peindre et dépeindre une partie de volley-ball ? Entre deux Tournesols, un Autoportrait, l’Église d’Auvers-sur-Oise, trois Racines d’arbres et le champ de blé aux corbeaux… L’artiste néerlandais, naturaliste, nourri d’impressionnisme, de pointillisme, qui annonça le fauvisme et l’expressionnisme (merci wiki) eût pu certainement se montrer séduit par ces êtres bariolés mus par l’adresse et la puissance.
En ce début de partie entre les Centurions et Chaumont à la Narbonne Arena, ce mardi soir, c’est le doute qui coloriait la nuit. Aucunes des deux formations ne parvenaient à prendre le large. Si Chaumont a raturé son début de saison, ce n’est tout de même pas à des peintres qu’avaient affaire les Audois.
À 20-20, se dessinait l’histoire d’une rencontre indécise entre deux équipes du même calibre. La toile de Thoral au service inquiétait : 21-22. Le pointu Czerwinski, à la palette décidément si riche, absorbait la coulure, et les Audois s’exposaient en majesté, revenant d’un très périlleux 21-24 à 25-24 ! Surtout grâce à la force de Czerwinski, aux envolées du Libero Lopez, à la précision du passeur Viiber et à la cascade de l’attaquant Rivas dans les panneaux publicitaires électroniques. 27-25, 1-0 en faveur des Centurions.
Sans bavure
Luminescents Centurions qui validaient la thèse selon laquelle l’Arena éclaire jusqu’au Népal… Dans le deuxième round, comme un soleil, Narbonne irradiait pour se hisser à 15-12 puis 16-13 et 17-13 avec un Czerwinski sur tous les tons, au contre, à l’attaque, aux fusains. Le tableau jusque-là se conjuguait au presque parfait. Touré plantait le point du 20-15. On ne voyait pas trop bien comment cette manche pourrait leur échapper. Même le capitaine Fornés, en dedans en ce moment, bloquait Chaumont avec ardeur. 25-20, 2-0. Sans bavure.
Les Narbonnais épataient-ils la galerie ? Assurément. Mais du calme. Des clubs menant de deux sets, s’inclinant finalement 3-2, l’histoire du volley en a produit en série. Dans le troisième acte, capitaine Fornés affichait cinquante nuances de force et de précision et trempait son pinceau dans l’acide pour dissoudre de bien pâles chaumontais. La flamme face à la tiédeur.
À 14-11, on songeait que la piteuse passade de quatre défaites consécutives que creusent les Centurions depuis le 29 novembre et le succès à l’Arena face à Poitiers allait peut-être enfin s’achever ce 30 décembre.
C’est Sylvestre qui pourra dignement s’enflammer ce mercredi. Avec lui ses copains narbonnais. Thoral, après Rivas, y allait de son ace. La nuit était pastel, le plaisir était dentelle. 25-19, 3-0 à l’avantage des Audois. Les Centurions auront parachevé leur œuvre en beauté. Sans une ombre au tableau.