« Mes chers compatriotes » : comme chaque 31 décembre, à 20 h, le président va tracer sa feuille de route pour l’année à venir, les défis à relever et les raisons selon lui d’espérer, malgré l’instabilité politique et le contexte international. Une allocution d’« une dizaine de minutes », sa neuvième et avant-dernière du Nouvel An, sur laquelle il travaillait encore mardi et qu’il pourrait amender jusqu’au dernier moment, selon son entourage.
Très affaibli à seize mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron voit sa cote de confiance (25 %) est au plus bas depuis 2017, et 63 % des Français ont l’intention de ne pas regarder ses vœux selon le dernier baromètre Toluna/Harris Interactive pour LCI, alors que plus de 9 millions de Français avaient regardé les vœux du président l’an dernier.
Le cadre est d’ores et déjà fixé, avec le défi que constitue la guerre en Ukraine, qui entrera en février dans sa cinquième année et constituera la pierre angulaire de son intervention. Les évolutions permanentes de la situation ces derniers jours pourraient amener le chef de l’État à modifier son discours jusqu’à la dernière minute concernant ce point. Il devrait notamment évoquer la réunion de la « coalition des volontaires » prévue en janvier en vue de la fin de la guerre.
« Non à l’immobilisme » et au « French bashing »
Par ailleurs, Emmanuel Macron « aura à cœur de montrer qu’il fera tout pour que 2026 soit une année d’action, une année utile », souligne son entourage. Et, « sans tomber dans un optimisme béat », l’objectif est aussi de « lutter un peu contre l’atmosphère qui est propice au “ french bashing ” (dénigrement de la France), qui est souvent d’ailleurs alimenté par d’autoproclamés patriotes », ajoute-t-on en direction de l’extrême droite.
Mardi, le chef de l’État s’est fendu d’un clip d’une minute sur ses réseaux sociaux, chantant les « joies et peines, réussites et défis » mais aussi les « espoirs » de l’année écoulée, de la réouverture des tours de Notre-Dame aux deux prix Nobel français (économie et physique).
« La France, durant ces mois, a continué d’avancer malgré un contexte difficile », assure son entourage. De la même manière, 2026 sera « tout l’inverse de l’immobilisme », promet-on, à rebours de l’ex-premier ministre Édouard Philippe qui estime que « l’État n’est plus tenu » et a appelé à une présidentielle anticipée.
Les marges de manœuvre d’Emmanuel Macron sont faibles dans un pays sans majorité, où chaque vote à l’Assemblée confine au défi et où le budget pour 2026 est toujours dans les limbes, faute de compromis entre gouvernement et Socialistes. Le président devrait appeler au compromis, intimant aux formations politiques de faire preuve de responsabilité, sans pour autant « entrer dans la technicité des débats », assure un proche à BFMTV.
Service militaire, réseaux sociaux et fin de vie
Trois priorités sur la scène intérieure seront esquissées pendant les vœux : l’instauration d’un service militaire, la régulation des réseaux sociaux, et une loi sur la fin de vie. Emmanuel Macron entend réintroduire le service national, plutôt bien accueilli dans l’opinion publique, sous une forme volontaire.
Après une série de tables rondes à travers la France, il évoquera aussi les réseaux sociaux avant des annonces, « a priori en janvier », sur leur régulation auprès des jeunes. Un sujet non sans risques. « Quelle que soit la question, majorité numérique à 15 ans etc., je ne sais pas de quel côté la pièce retombera. Il peut y avoir beaucoup d’opportunisme », souligne un ancien ministre.
Les textes sur la fin de vie – une promesse de longue date du président – seront examinés quant à eux à partir du 20 janvier au Sénat, avant de passer à l’Assemblée. Les débats s’annoncent compliqués, notamment au Sénat, ou le groupe Les Républicains, première force de cet hémicycle, est très réservé sur la création d’une aide à mourir.
Avec AFP