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Rédaction Paris

Publié le

31 déc. 2025 à 11h06

Une affaire de drogue, de violences sexuelles et de soutane qui aboutit sur un non-lieu. Un juge d’instruction a ordonné la fin des investigations à l’encontre d’un prêtre breton qui était mis en examen, soupçonné d’avoir drogué et violé un adolescent en 2022 à Paris, indique le parquet. Il est toutefois toujours poursuivi pour usage de stupéfiants.

Un non-lieu conforme aux réquisitions du parquet

Par ordonnance du 26 décembre, le juge a renvoyé Yannick Poligné devant le tribunal correctionnel de Paris pour usage de stupéfiants, mais sans donner lieu à poursuite pour des faits de nature sexuelle, a expliqué le parquet. Yannick Poligné, âgé désormais de 55 ans, avait été mis en examen en novembre 2022, et placé en détention provisoire, pour viol avec administration d’une substance de nature à altérer le discernement, mise en danger de la vie d’autrui, et usage de stupéfiants depuis 2016.

Le non-lieu ordonné par le juge pour le viol, et le seul renvoi du prêtre pour usage de stupéfiants, sont conformes aux réquisitions du parquet, prises le 17 novembre dernier.
Les accusations portées par l’adolescent fin 2022 avaient provoqué une onde de choc dans le diocèse de Rennes où exerçait alors ce curé, sur fond de multiplication de révélations de violences sexuelles sur mineurs dans l’Eglise.

Le parquet a expliqué que « l’expertise psychiatrique a confirmé la fragilité du mineur, qui avait développé un rapport obsessionnel au sexe en lien avec une grande consommation de pornographie depuis un très jeune âge ».

Des rapports sexuels consentis ?

Le 3 novembre 2022, les pompiers parisiens avaient été appelés par cet adolescent, alors âgé de 15 ans, « se plaignant de s’être fait droguer et ayant des douleurs anales, des diarrhées et des vomissements », a rappelé le parquet. A la brigade de protection des mineurs, il avait d’abord raconté avoir rencontré un homme dans un bar et été emmené dans un hôtel après avoir été drogué, sans autre souvenir.

Par la suite, il avait expliqué avoir eu des échanges préalables sur l’application de rencontres gay Grindr avec cet homme qui s’était fait passer pour un militaire, tandis que lui-même avait prétendu être majeur. L’homme lui avait d’ailleurs précisé ne pas être intéressé par les mineurs. Ils avaient consommé de la poudre écrasée et bu plusieurs verres, selon l’adolescent qui a précisé en avoir déjà consommé à d’autres occasions. Leurs rapports à l’hôtel avaient été consentis, mais le mineur avait fait état de la brutalité de l’homme.

Un ecclésiastique adepte du chemsex

Le prêtre a expliqué de son côté être venu à Paris pour un rendez-vous médical, puis avoir pris un rendez-vous sur Grindr. Il reconnaissait le déroulé des faits et la consommation commune de GBL et 3CMC, sans aucune notion de contrainte. Il assurait n’avoir pas soupçonné la minorité du jeune homme, selon le parquet. Une source proche du dossier en novembre 2022 avait indiqué à l’AFP qu’il avait admis des rapports violents mais consentis. Les investigations sur son quotidien ont confirmé une vie homosexuelle active et ponctuée de « chemsex », a indiqué le parquet.

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Au moment des faits, Yannick Poligné, ordonné prêtre en 1999, était curé de la paroisse Saint-Louis-Marie-en-Brocéliande, à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine). L’archevêque de Rennes Pierre d’Ornellas avait annoncé en novembre 2022 avoir « signalé à Rome » les faits reprochés au prêtre afin que soit lancée une procédure canonique.

Avec AFP

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