Donald Trump et Russell Crowe, alias Maximus dans « Gladiator », même combat.
« À mon signal, déchaîne les Enfers ». Cette phrase, c’est celle de Russell Crowe, alias Maximus alors général romain, au début du film Gladiator. La Maison Blanche s’est réapproprié la séquence du film culte de Ridley Scott de 2000 pour annoncer une année 2026 à venir guerrière et ambitieuse. Mais ce faisant, Donald Trump en a visiblement oublié le reste du long-métrage, et surtout la fin.
La vidéo pourrait prêter à rire à gorge déployée si elle n’était pas parfaitement sérieuse. Les réseaux sociaux de la Maison-Blanche ont publié le mardi 30 décembre un court clip d’une quarantaine de seconde. Au début, elle reprend simplement la scène d’introduction de Gladiator dans laquelle on voit le général romain Maximus Decimus Meridius motiver ses troupes avant le combat en leur déclamant notamment « Ce que l’on fait dans la vie résonne dans l’éternité ».
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Y sont simplement apposés quelques mots « Le Président Trump qui prépare son équipe pour 2026 », avant que la 2e moitié de la vidéo ne démarre. La musique techno s’intensifie alors que déroule un montage rythmé d’images de Donald Trump devant des avions de guerre, des militaires au garde-à-vous et des engins de combats.
Plusieurs lectures de cette vidéo sont possibles. La première (et la plus évidente) est que Donald Trump, en se réappropriant cette séquence culte de cinéma, veut s’approprier l’image de chef de guerre conquérant qu’incarne Russell Crowe. Une manière de montrer qu’en 2026, le Président américain se montrera à la fois ferme, plein d’autorité mais aussi implacable face à celles et ceux qui oseraient se mettre en travers de son chemin, et notamment ses opposants politiques.
La seconde est que la Maison Blanche veut ici placer Potus, soit la figure du président américain, dans une posture idéalisée de justice, de stabilité et de puissance, dans un contexte géopolitique qui s’annonce plus que tendu pour l’année à venir, notamment avec le Venezuela. Ces deux lectures ne sont d’ailleurs pas antithétiques.
Trump et Gladiator
Ironie du sort, le nom de Donald Trump a déjà été associé récemment à l’univers de Gladiator, par Ridley Scott lui-même. Lors de la sortie en salle du second volet l’an dernier, le réalisateur avait confirmé qu’il s’était largement inspiré du Président américain pour l’un de ses personnages principaux, et pas le héros. Il avait en effet expliqué que Macrinus, le personnage joué par Denzel Washington et principal antagoniste, était fortement basé sur Donald Trump.
Paramount Pictures France
Denzel Washington interprète le rôle de Macrin dans « Gladiator II » de Ridley Scott.
Dans une interview avec le Hollywood Reporter, le cinéaste avait expliqué « [C’est] un gangster intelligent. Il crée le chaos et à partir du chaos, il peut évoluer… Il est devenu un marchand très riche en vendant tout et n’importe quoi aux armées romaines (…) Il était milliardaire à l’époque, alors pourquoi n’aurait-il pas [d’ambitions pour le trône] ? Il devait se dire : Pourquoi pas moi ? ». Pour celles et ceux qui auraient oublié la fin de ce second film, Lucius (Paul Mescal) poursuit Macrinus à travers la ville et le tue avant qu’il ne puisse installer un peu plus son règne tyrannique.
Pas étonnant donc, que cette vidéo à la gloire de Trump ait préféré assimiler le Président au personnage héroïque de Maximus, même s’il y a toutefois un oubli de taille. Si Maximus est bien le héros de l’histoire, il n’en connaît pas moins, lui aussi, un destin tragique. Défait par un rival politique (Joaquin Phoenix alias Commode), et après des années de servitude, il est envoyé à l’abattoir dans l’arène pour combattre. Et s’il y connaît brièvement la gloire comme gladiateur, capable de galvaniser des foules qui hurlent son surnom « l’Espagnol », il finit malgré tout par périr.
Un épilogue qu’ont probablement effacé de leur mémoire Donald Trump et les équipes qui ont réalisé cette courte vidéo. Mais l’essentiel est peut-être, comme le criait Maximus aux spectateurs du Colisée, que nous ayons été « assez divertis ».