Créés par l’association, les «cactus» récompensent ironiquement les entreprises mises en cause pour leurs pratiques commerciales ou industrielles.

Une nouvelle année s’achève pour les consommateurs. L’occasion de faire le point, y compris sur les enseignes qui leur ont plu, et sur celles qui méritent un bonnet d’âne à cause de manquements répétés. Pour la neuvième année consécutive, 60 millions de consommateurs a publié cette semaine son palmarès des «cactus de la consommation», un classement qui met en lumière les entreprises ayant, selon l’association, franchi la ligne rouge au détriment de leurs clients.

À travers ces distinctions, 60 millions de consommateurs entend rappeler que la multiplication des offres et des innovations ne garantit ni la qualité, ni la sécurité des produits. Ce cru 2025 se distingue par un point commun entre plusieurs lauréats : des risques concrets pour la santé, la sécurité ou l’environnement, souvent sous-estimés ou minimisés. En tête, on retrouve un symbole de la surconsommation mondialisée, avec un «cactus d’or» attribué à Shein. La plateforme de fast-fashion chinoise concentre l’ensemble des critiques formulées par le magazine : promotions jugées trompeuses, produits parfois non conformes aux normes européennes, pratiques commerciales agressives et impact environnemental massif.


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Cette année, l’entreprise chinoise a été sanctionnée à plusieurs reprises, notamment par une amende de 40 millions d’euros pour des réductions de prix fictives et 150 millions d’euros par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour des manquements aux règles sur les cookies. Des contrôles douaniers, survenus après la découverte de la présence de poupées sexuelles enfantines sur la marketplace, ont par ailleurs révélé un volume important de produits interdits ou dangereux parmi les colis inspectés.

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Des tomates asiatiques affichées italiennes

Le secteur automobile occupe la deuxième marche du podium avec le «cactus d’argent». Dix ans après l’identification du danger lié aux airbags Takata, plusieurs constructeurs sont accusés d’une réaction tardive et insuffisante. «Stellantis a finalement été contraint de procéder à des rappels après mise à l’arrêt total des véhicules, mais BMW, Mercedes, Toyota ou Volkswagen se sont contentés de rappels simples, sans consigne d’immobilisation», pointe 60 millions de consommateurs.

L’association regrette par ailleurs qu’il «a fallu l’intervention du ministère des Transports pour les motiver, et encore, Jeep a par exemple attendu novembre 2025 pour procéder à un rappel des Wrangler concernés». À cela s’ajoute la multiplication des «freinages fantômes», liés aux systèmes d’assistance à la conduite, qui soulèvent de nouvelles inquiétudes en matière de sécurité routière.

La grande distribution n’échappe pas non plus aux critiques. Avec le «cactus de bronze», E.Leclerc est épinglé pour ses retards en matière de consommation durable et pour plusieurs produits testés en 2025 présentant des anomalies, qu’il s’agisse de substances indésirables ou d’étiquetages trompeurs. En mai dernier, 60 millions de consommateurs a par exemple retrouvé «des hydrocarbures aromatiques d’huile minérale» dans l’huile d’olive Eco+. En novembre, c’était au tour du concentré de tomates de la même marque d’être «pris par la patrouille avec ses tomates d’origine asiatique, alors que l’emballage les annonçait italiennes, mais également des résidus de pesticides».

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Une cannelle aux insectes, poils et plastique

Les cactus thématiques prolongent ce constat. Le «cactus du pollueur» vise Bio-Ethic, dont un encens présenté comme naturel libère des substances toxiques lors de sa combustion. Le «cactus de l’obsolescence» est attribué à Google, après des mises à jour logicielles ayant fortement dégradé ou rendu inutilisables certains smartphones Pixel, officiellement pour prévenir des risques de surchauffe.


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D’autres distinctions pointent des formes plus diffuses de pression ou d’illusion commerciale. L’organisation épingle ainsi des pratiques de vente jugées intrusives de Babyvista dans les maternités, des promesses minceur discutables pour des produits accessibles aux enfants chez Pranarōm ou encore une inefficacité de filtres à eau «naturels», pourtant bien commercialisés.

Même les phénomènes viraux sont concernés, à l’image du chocolat de Dubaï, encensé sur les réseaux sociaux mais jugé trop sucré et parfois contaminé par des substances problématiques. Le palmarès se clôt sur un «cactus au poil» attribué à une cannelle contenant insectes, poils de rongeurs et fragments de plastique.