“L’année 2026 promet d’être importante, enfin je l’espère en tout cas”, sourit timidement Leila, devant les caméras de la BBC. Après des années à errer de chambres d’amis en canapés, cette habitante de Belfast, en Irlande du Nord, prend part à un programme inédit au Royaume-Uni. Avec 124 autres personnes sans domicile fixe, “soit vivant en hébergement temporaire, soit tout juste sorties de la rue”, glisse The Daily Telegraph, la jeune femme de 21 ans a reçu ces dernières semaines un chèque 2 000 livres sterling (2 300 euros). Une somme “à dépenser sans restrictions”, complète le quotidien conservateur. En parallèle, un groupe témoin de 125 autres personnes sans domicile fixe recevra l’accompagnement habituel des associations et des pouvoirs publics, sans coup de pouce financier.
“Le but du programme est de voir comment l’argent est dépensé”, détaille le magazine The Big Issue, spécialisé dans les questions de pauvreté et généralement vendu à la criée par des sans-abri. “Il s’agit d’évaluer si une telle approche peut permettre de réduire la précarité, d’améliorer la santé et de favoriser l’insertion au sein de l’économie et de la société de manière générale.”
L’argent, fourni par l’organisme de lutte contre le sans-abrisme Centre for Homelessness Impact, a été transféré directement sur le compte bancaire des participants, concentrés dans les villes de Belfast et à Londres. “Les personnes souffrant d’addictions aux jeux ou porteuses de troubles psychiatriques ont été d’office exclues du périmètre, car le dispositif risquerait de les mettre en danger”, précise la BBC.
Les résultats définitifs de l’étude, menée en partenariat avec le King’s College, à Londres, seront connus en 2027. “Mais d’ores et déjà, de premières tendances encourageantes se dégagent, applaudit The Big Issue. Un parent a acheté une voiture d’occasion pour amener ses enfants à l’école. Un jeune homme a utilisé les fonds pour payer ses dettes et chercher une formation professionnelle.” Lors de la phase pilote du projet, plus tôt dans l’année, les achats comprenaient des vêtements, un téléphone portable, des livres, des meubles et un abonnement à la salle de sport. “C’est un outil parmi d’autres, pas la panacée”, tempère Hannah Piggott, du King’s College, auprès de la BBC. “Mais nous espérons que ce type d’initiative puisse faire partie d’un arsenal pour aider les gens à trouver de la stabilité en matière de logement.” Avec ses 2 000 livres, à Belfast, Leila s’est mise à la recherche de sa première chambre à elle.