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En visionnage libre depuis quelques jours, le nouveau documentaire d’Antoine Muñoz retrace l’épopée rock de la discothèque gersoise La Nuit, avec des témoignages inédits sur cette scène rurale mythique.

Et si vous vous laissiez tenter par un petit saut dans le passé en cette fin d’année ? Depuis une dizaine de jours, le documentaire Le son de la nuit, réalisé par l’Auscitain Antoine Muñoz, est en visionnage libre dans une version inédite (avec des scènes rajoutées) sur Vimeo, via le site du Son de la Nuit.

Après deux années de circulation dans le Gers – de Ciné 32 Auch à Fleurance, Masseube, la boutique Le Migou, la mairie de Preignan ou encore le Cri’Art en première partie des Garçons Bouchers – près de mille spectateurs l’ont déjà découvert. Pour beaucoup, ce sera l’occasion de le voir ou revoir, mais aussi d’honorer encore une fois la mémoire de Jean-Jacques Bourgade, DJ emblématique de la discothèque La Nuit, de 1984 à 1996.

« Je suis né l’année où la boîte était presque en train de fermer »

Au cœur du film, un lieu devenu légendaire dans le Sud-Ouest : la discothèque « La Nuit » à Duran. Entre les années 80 et 90, cet endroit reculé a vu passer OTH, les Bérurier Noir, Manu Chao, les Wampas, Parabellum, Washington Dead Cats, les Sheriffs… Autant de groupes qui ont façonné l’âge d’or du rock alternatif français. À travers les témoignages du public, des gérants, des artistes ou des DJ, le documentaire dévoile les liens intimes entre cette salle gersoise et l’histoire nationale du rock indé. Le film rappelle aussi ce que représentent ces lieux ruraux nés d’une idée folle, montés par quelques copains, et qui deviennent des repères culturels majeurs.

Pour Antoine Muñoz, né en 1998, le sujet a tout de suite résonné : « Je suis né l’année où la boîte était presque en train de fermer. Quand je me renseignais sur son histoire, je trouvais fascinant qu’elle ait suivi le même tempo que le rock alternatif français. Puis sont arrivés le rap, la techno, et le club n’a plus réussi à programmer du rock. »

D’abord sollicité par Denis Cassaing pour un simple making-of du festival Le son de la Nuit, il accepte finalement à une condition : recentrer le film sur l’histoire de la discothèque. Grâce au réseau de Denis, il rencontre les anciens membres de groupes cultes. « Loran des Bérus se souvenait de la couleur des murs. Les Sheriffs racontaient avoir dormi par terre, le sol collant de bière… Ces souvenirs donnent vie au film. »

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Passé par le lycée cinéma du Garros, projectionniste puis responsable de salle dans le Tarn-et-Garonne, Antoine Muñoz signe ici un documentaire d’une trentaine de minutes, produit avec les associations Le son de la Nuit et Venderborg Prod. Pour lui, le message dépasse largement le rock : « Ce film peut toucher tous ceux qui connaissent ces lieux culturels en milieu rural. Partout dans le monde, des endroits sont nés d’une envie, d’une passion et sont devenus des institutions. Ils ont tous un peu la même histoire ».