Par

Alexandra Segond

Publié le

29 déc. 2025 à 19h25

Vous aussi, vous avez passé votre Noël malade ? Entre l’épidémie de bronchiolite qui se poursuit, le Covid-19 qui continue de circuler (mais qui faiblit) et les cas de grippe qui explosent, vous faites partie des Français ayant été touchés par une infection respiratoire aiguë pendant les vacances. Et concernant la grippe, la fin d’année s’annonce pire encore, si l’on se fie au dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France (SPF), qui place toute la France en alerte pour les fêtes.
Il y a quelques années, quand c’était le SARS-CoV-2 qui sévissait lourdement en France, la population était invitée à désinfecter régulièrement les objets du quotidien afin de limiter les risques d’infection au virus, qui pouvait persister longtemps sur les surfaces. Faut-il s’en inquiéter aussi pour la grippe ?

Une transmission via des microgouttelettes ou des surfaces infectées

L’Institut Pasteur définit la grippe comme « une infection respiratoire contagieuse due aux virus influenza ». La maladie touche chaque hiver deux à six millions de personnes en France. Elle se transmet « au moyen de microgouttelettes et de particules excrétées par un patient infecté lorsqu’il tousse, éternue ou parle ».

Les virus grippaux pénètrent dans l’organisme par voie respiratoire, au niveau du rhinopharynx. Ils se multiplient dans l’épithélium respiratoire, où de nouvelles particules virales sont produites. La multiplication virale est localisée. La réplication virale provoque une nécrose de l’épithélium respiratoire cilié qui s’accompagne d’hypersécrétion de mucus bronchique.

Institut Pasteur

La grippe peut aussi se transmettre « par l’intermédiaire des mains, lorsqu’une personne touche une surface contaminée et porte sa main à proximité du nez ». Murs, sols, clavier d’ordinateur, bureau, transports en commun… Rester dans un espace clos où le virus de la grippe s’est disséminé sur divers supports nous expose donc à une possible infection.

Le virus persiste-t-il sur les surfaces ?

C’est une question à laquelle Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur à l’université Paris-Cité – Inserm, répond à actu.fr par la positive. Il cite notamment l’étude Survival of Influenza Virus on Banknotes, publiée dans la revue spécialisée American society for Microbiology il y a quelques années.

Bien que la grippe reste un virus respiratoire et que « la contamination par les surfaces ne soit pas [son] mode de transmission » principal, il est tout à fait possible d’être contaminé « après le départ de la personne infectée », nous explique-t-il.

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La grippe se transmet quasiment exclusivement par voie aérosol, c’est-à-dire en respirant les microgouttelettes contaminées issues de la respiration d’un individu infecté, en milieu intérieur mal ventilé. Et dans ce type de lieux clos (le nuage invisible contaminé), le virus peut persister.

Antoine Flahaut
Épidémiologiste et professeur à l’université Paris-Cité – Inserm

Combien de temps le virus peut survivre sur les surfaces ?

Chez une personne contaminée par la grippe, rappelle l’Assurance maladie, le délai d’incubation est de 24 à 48 heures, après quoi les premiers symptômes (forte fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, etc.) apparaissent. Et pour les objets et surfaces contaminés autour de nous ?

L’étude Survival of Influenza Virus on Banknotes fait état d’une survie de « plusieurs heures à plusieurs jours » du virus de la grippe (humaine) sur les objets liés à l’étude – en l’occurrence, des billets de banque.

Le Pr Flahault, pour sa part, estime que dans un lieu clos où a évolué une personne contaminée par la grippe, « le virus peut persister plusieurs minutes à quelques heures ». Et « comme nous respirons 20 fois par minute », séjourner dans un tel espace contaminé nous expose à « de grands risques » d’être à notre tour contaminés.

Comment limiter le risque d’infection ?

Dans les espaces clos (bureaux, salles de classe, au sein de nos logements, etc.), on peut d’abord se prémunir des risques de contamination « en aérant efficacement les pièces dans lesquelles on séjourne plusieurs heures », poursuit le Pr Flahault. Porter un masque de type FFP2 sert à « encore réduire le risque ».

Le virus de la grippe est moins transmissible que celui du Covid et l’aération couplée au port du masque FFP2 en milieu intérieur est très efficace. Les transports publics, lorsque l’on y passe plusieurs heures, sont des lieux de contamination et le port du masque y est hautement recommandé lorsque les virus respiratoires circulent activement comme actuellement.

Antoine Flahaut
Épidémiologiste et professeur à l’université Paris-Cité – Inserm

Les masques de type FFP2 sont les plus efficaces pour éviter d'être contaminé par les virus respiratoires qui circulent en ce moment.
Les masques de type FFP2 sont les plus efficaces pour éviter d’être contaminé par les virus respiratoires qui circulent en ce moment. (©Frédéric Massard / AdobeStock)

De son côté, l’Institut Pasteur conseille aussi de privilégier les mouchoirs jetables, ainsi que de « tousser et éternuer dans son coude ». Enfin, en dehors de ces gestes barrière, « la vaccination annuelle contre la grippe reste le moyen le plus efficace de se protéger » car permettant de réduire le risque de formes graves de la maladie.

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