Leokadie, alias Charlotte Quentin, signe « Abel, j’adore mes parents », une BD humoristique sur la maternité tardive et le quotidien de jeunes parents. Inspirée de ses dessins publiés sur Instagram, l’autrice montpelliéraine retrace, entre charge mentale, crèche et premiers pas, une parentalité réelle loin des modèles idéalisés, dans un récit édité par la maison d’édition montpelliéraine Alter Comics.
Neuf mois. C’est la durée bien connue de la gestation, mais aussi le temps qu’il a fallu à Leokadie, alias Charlotte Quentin, pour élaborer une bande dessinée sur la vie de jeunes parents et la maternité. Avec Abel, j’adore mes parents, l’illustratrice montpelliéraine explore avec humour le quotidien d’une quadra devenue mère sur le tard. À l’image de l’usage dans l’univers de la bd indépendante, c’est son cas qu’elle prend en exemple. Mais est-elle vraiment blonde avec des poils aux pattes ?
De la naissance au retour à la maison
En sept chapitres, Charlotte évoque sa maternité et ses débuts de maman. Il y a l’annonce de la grossesse à un groupe d’amis pas vraiment concerné, les petites complications post-naissance, puis le séjour à la maternité de l’hôpital – « mon âme de gaucho a choisi un établissement public », confie la mère. Puis vient le retour à trois à la maison avec le petit Abel, dans un chapitre intitulé « Panique ». « Cela fait neuf mois que nous sommes devenus parents, et mon mec s’est transformé en deuxième enfant, pire : en adolescent », introduit-elle, décrivant une charge mentale qui enfle alors qu’elle enseigne aussi à l’Institut Supérieur des Arts Appliqués de Mauguio.
Le square, cet univers impitoyable
Le chapitre suivant aborde la compétition entre mamans au square. « C’est un peu celui qui marchera le plus vite », sourit Charlotte. Puis l’entrée en crèche, à l’aube des seize mois d’Abel : décrivant la journée d’adaptation, la mère qui croque des petits édentés, bave aux lèvres, lâche : « On se croirait dans un Ehpad. «
Une édition montpelliéraine
Cette BD drôle est née de « petits gribouillages » postés sur Instagram, catharsis pour raconter les « petites bêtises du quotidien » avec son fils. Une vision qui a séduit Jean-Christophe Lopez d’Alter Comics, maison d’édition montpelliéraine. Charlotte a ensuite tout écrit, dessiné et colorié. « C’est surtout pour faire déculpabiliser les mamans », résume l’autrice, lectrice de Reiser, de la BD franco-belge et du Montpelliérain Trondheim. Il s’agit de montrer que la vie réelle est loin de l’image de la « maternité parfaite » véhiculée sur les réseaux sociaux.
Charlotte a déjà les trois prochains tomes en tête, chacun centré sur une période de la vie de son fils, poursuivant sans détour le portrait de la parentalité et les turbulences du couple, toujours avec humour.
Abel, j’adore mes parents, Charlotte Quentin, Alter Comics, 72 pages, 16,90 €.