Alors que C8 a perdu son autorisation d’émettre en 2024,
CNews pourrait connaître le même
sort. Déjà sanctionnée à plusieurs reprises, la chaîne vient une
nouvelle fois de recevoir une mise en demeure par le
gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom. Une situation qui
pourrait bien sceller le sort de CNews qui continue malgré tout de
battre des records d’audience.
D’après les données de Médiamétrie, publiées lundi, en 2025,
CNews s’est hissée en tête des chaînes
d’information en France, atteignant 3,4 % de part
d’audience, devant BFMTV à 2,8 %. Il s’agit d’une première : la
chaîne, appartenant à l’homme d’affaires Vincent Bolloré, devient
seule leader des audiences sur une année entière. Les scandales à
répétition ne semblent donc pas éloigner le public.
CNews avertie par l’Arcom
CNews clôt donc l’année 2025 avec des audiences en hausse, mais
également avec deux avertissements. L’Arcom,
autorité de régulation de l’audiovisuel, a adressé une mise
en demeure à la chaîne — pourtant première chaîne
d’information en 2025 — en raison de propos diffusés à l’antenne
sur l’immigration et l’islam lors de deux séquences jugées
susceptibles d’inciter à la « discrimination », selon une
décision publiée mardi 30 décembre au Journal officiel.
La première concerne une séquence diffusée le 29 janvier dans
l’émission La grande interview. La maire de
Romans-sur-Isère (Drôme), Marie-Hélène Thoraval, avait affirmé que
les attaques au couteau relèveraient « d’un caractère
culturel », leurs auteurs n’étant pas « Français de
souche » et ayant « des origines qui sont plus liées
avec (…) l’islam ». Dans une décision rendue le 17
décembre, l’Arcom a jugé qu’ »une telle stigmatisation »,
qui n’avait pas suscité de réaction de la part de l’animatrice
Sonia Mabrouk, était « de nature à encourager des
comportements discriminatoires ».

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CNews
L’Arcom
sanctionne CNews pour les propos tenus par Marie-Hélène
Thoraval.
L’Arcom sanctionne CNews une deuxième fois
CNews a fait l’objet d’un deuxième avertissement, pour une
séquence que la chaîne a diffusé le 20 mars cette fois. Lors de
l’émission Morandini Live, le journaliste du média
d’extrême droite Frontières, Jordan Florentin, a décrit
les personnes immigrées comme des
« masses » qui « ne peuvent pas forcément
s’acclimater avec nos valeurs, nos mœurs et notre
culture », estimant que leur arrivée en France entraînerait un
« grand remplacement ».
Dans son analyse, l’Arcom a considéré que « ces propos
véhiculent de nombreux stéréotypes particulièrement
infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur
ensemble, de nature à encourager des comportements discriminatoires
à leur égard en raison de leur nationalité ou de leur
origine ». Le régulateur souligne également que, « si ces
propos ont été en partie contredits, cette contradiction n’a pas
été suffisante » et que Jean-Marc Morandini, animateur
de l’émission, « a pris le parti de la personne les ayant
tenus ».

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CNews
Jean-Marc Morandini rappelé à l’ordre par l’Arcom.
Une mise en demeure avant une fermeture
définitive ?
Le régulateur précise que la mise en demeure correspond
à un avertissement formel et qu’en cas de nouvel écart aux
obligations de diffusion garantissant le respect du principe de
non-discrimination, elle peut conduire à une sanction
financière. Sollicitée par l’AFP, la chaîne appartenant au
milliardaire Vincent Bolloré n’a pas souhaité réagir dans
l’immédiat à la décision de l’Arcom.
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Shutterstock/ToninT
Les
sanctions se multiplient contre CNews.
Pour rappel, depuis 2017, l’Arcom n’a prononcé que huit
sanctions financières à l’encontre des chaînes d’information en
continu. Elles concernent toutes CNews, dont la plus lourde,
infligée le 17 mars 2021, s’élève à 200 000 euros. La chaîne du groupe Bolloré
cumule par ailleurs 49 rappels à l’ordre depuis sa
création, parmi lesquels figurent onze mises en garde et
six mises en demeure, selon les communiqués mis en
ligne. Une accumulation de sanctions qui pourrait un jour conduire
à une interdiction définitive d’émettre.