L’Etat serbe a confirmé, ce mercredi, que Washington vient d’accorder sous condition une licence temporaire à la compagnie pétrolière serbe NIS, contrôlée par la Russie, afin d’exploiter la raffinerie de Pancevo, près de Belgrade. Cette dernière alimente 80% du marché serbe.

Les Etats-Unis ont accordé ce mercredi une licence temporaire à la compagnie pétrolière serbe NIS, contrôlée par des compagnies russes et visée par des sanctions américaines, a annoncé ce mercredi soir la ministre serbe de l’Energie, Dubravka Djedovic Handanovic.

Cette société, contrôlée à 56% par des sociétés russes – Gazprom Neft et Intelligence – pourra reprendre sa production en Serbie à partir du 23 janvier, a ajouté la ministre serbe.

« La société NIS a obtenu une licence de l’OFAC américain (le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain, NDLR) lui permettant de poursuivre ses activités jusqu’au 23 janvier. Cela signifie que la raffinerie de Pancevo pourra, après 36 jours, recommencer à fonctionner », a affirmé la ministre serbe sur le réseau social Instagram.

« Nous avons réussi ce qui semblait presque impossible. Nous protégerons notre sécurité énergétique, comme nous l’avons fait jusqu’à présent », a ajouté la ministre.

Washington exige une sortie totale des entreprises russes du capital

Après neuf mois de reports successifs, Washington avait imposé le 9 octobre des sanctions à NIS. Sa raffinerie, à Pancevo, près de Belgrade, qui approvisionne environ 80% du marché serbe, a alors été obligée d’interrompre sa production début décembre.

Peu avant l’annonce faite par la ministre, le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il serait en mesure d’annoncer prochainement « de nouvelles politiques extraordinaires ».

« Nous avons travaillé dur, nous l’avons mérité », a poursuivi le chef de l’Etat, sans davantage de détails.

Les États-Unis exigent que les entreprises russes sortent totalement du capital du NIS. En 2008, la Serbie avait vendu la majorité des parts de NIS à Gazprom pour 400 millions d’euros.

Dialogue tripartite avec… La Hongrie

Selon Belgrade, la Russie – un allié important de la Serbie et qui lui fournit aussi le gaz naturel – négocie la vente de ses parts, mais les autorités serbes lui ont donné jusqu’au 15 janvier pour y parvenir.

En cas d’échec, le président serbe avait évoqué la mise en place d’une nouvelle direction pour la compagnie et une offre d’achat qu’il entend soumettre à Moscou. Il a écarté une pure et simple nationalisation de la compagnie, proposée par certains ministres.

Selon la télévision nationale serbe (RTS), cette décision de Washington intervient à la suite des discussions menées plus tôt dans la journée par le président serbe avec des représentants de l’OFAC, du Département d’Etat américain, ainsi qu’avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Toujours selon la RTS, des négociations seraient en cours avec la compagnie hongroise MOL, qui pourrait reprendre les parts russes dans la société pétrolière serbe.