À l’approche de Noël, la peintre a rangé une partie de son matériel. Dans la pièce principale de sa petite maison du bourg de Scrignac (29), Marie-Kristin Delmotte a laissé une toile, une palette de couleurs, quelques pinceaux et tubes de peinture. Après une vie à faire « un peu de tout et de rien », cette ancienne enseignante d’art formée à l’Institut royal du patrimoine artistique découvre le Finistère au moment du Covid, en 2020.

L’artiste belge n’a laissé sortie que quelques toiles, étroitement surveillées par Babeth, sa fidèle compagne à quatre pattes.L’artiste belge n’a laissé sortie que quelques toiles, étroitement surveillées par Babeth, sa fidèle compagne à quatre pattes. (Le Télégramme/Baptiste Avril)

Après plusieurs séjours dans des gîtes du secteur deux fois par an, c’est finalement dans la bourgade scrignacienne d’un peu plus de 800 habitants qu’elle pose ses bagages en 2024. Loin de l’effervescence de Liège, sa cité natale, la retraitée belge se plaît dans les monts d’Arrée. Bien plus que dans son pays d’origine. Avec son léger accent, elle décoche : « Il y a un respect du patrimoine ici et un calme que je ne retrouve plus en Belgique. Je n’y rentre même plus, je suis tellement bien ici ». Pour les fêtes, ce sont ses proches – sa sœur, sa fille et son compagnon - qui font le déplacement jusque dans les monts bretons. 

Des habitudes pour s’intégrer

Un choix du centre ouest breton évident pour Marie-Kristin Delmotte qui ne voulait pas s’installer « sur le front de mer, dans une ville fantôme en hiver et envahie de touristes en été ». Un parti pris qu’elle ne regrette pas au vu de la tranquillité de ses nouvelles terres « J’ai développé mes petites habitudes pour mes courses, les expositions que je vais visiter. Le samedi, je me rends à Guerlesquin ou je vais à la mer à Plestin-les-Grèves quand je suis avec des amies », raconte l’artiste. Repérable facilement avec sa voiture jaune, la néo-Bretonne parle avec tout le monde et aime le côté humain du territoire. Désirant s’intégrer, elle s’est mise aux danses celtiques pour lesquelles elle a développé un fort attrait. La peintre retraitée a aussi tenté sa chance avec la langue bretonne : un apprentissage intensif qui s’est révélé « trop compliqué », même si elle a acquis quelques bases. Un nouveau quotidien dans lequel elle n’a pas délaissé la peinture.

La peintre a déjà exposé plusieurs œuvres lors d’expositions à Scrignac et à Berrien.La peintre a déjà exposé plusieurs œuvres lors d’expositions à Scrignac et à Berrien. (Le Télégramme/Baptiste Avril)Les silhouettes des corps dans les montagnes

Au contraire, Marie-Kristin Delmotte trouve l’inspiration dans sa nouvelle contrée. Peignant depuis toujours les corps féminins, l’artiste sonde leur morphologie avec son regard de femme. Un œil « différent des hommes artistes qui fantasment les corps et partent dans le démonstratif dans leurs œuvres », selon elle. Des courbes féminines que l’ex- peintre liégeoise a inlassablement retrouvées en tentant de peindre les monts d’Arrée. En plus de l’acrylique, la peintre se mue aussi en sculptrice. Travaillant au laser, elle sculpte des corps féminins avec « des pièces de carrosserie que [s] on compagnon – qui travaille dans le milieu – met à [s] a disposition ». Des œuvres en trois dimensions visibles dans son jardin et quand elle les montre au public.

Après avoir exposé à la bibliothèque de Scrignac et à la libraire l’Autre Rive de Berrien en 2025, Marie-Kristin Delmotte devrait poser ses toiles à l’atelier des créateurs de Huelgoat en juillet 2026.