Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, ce jeune homme domicilié à Castelnau-le-Lez avait été interpellé avec 935 € dans sa poche. S’il a admis une dépendance à la cocaïne, il a réfuté être membre d’un réseau de revente.

Tantôt en pleurs et touchant avec son allure juvénile, tantôt irritant mais particulièrement disert pour évoquer sa vie d’embûches et de toxicomane novice. Saufiane K., 21 ans, aura laissé l’image d’un jeune homme un peu perdu, ce mardi, devant le tribunal judiciaire de Montpellier.

Interdiction de paraître dans le quartier

Il y est présenté dans le cadre d’une comparution immédiate après avoir été interpellé dans la nuit de vendredi à samedi 27 décembre, au cœur de la cité Gély lors d’une descente de police. Il a été retrouvé en possession de 935 € en liquide dans l’une de ses poches et les enquêteurs l’accusent d’avoir crié « ara » pour alerter des comparses. Domicilié à Castelnau-le-Lez, Saufiane faisait également l’objet d’une interdiction de paraître dans le quartier depuis début novembre et d’une condamnation pour détention de stupéfiants.

Les policiers lui reprochent de ne pas en avoir tenu compte et, par le biais du bornage de son téléphone portable, ont établi qu’il se trouvait régulièrement dans le secteur depuis le 1er décembre entre 20 h et 6 h du matin.

Accro à la cocaïne

À la barre, le jeune prévenu n’en disconvient pas et met en avant une « dépression » liée à son addiction à la cocaïne depuis environ un an pour justifier sa présence. Il évoque aussi une récente « tentative d’homicide » contre lui, sans en préciser les détails. « Je ne suis pas quelqu’un qui cherche à faire partie d’un réseau. Je suis dans une période sombre de ma vie » développe-t-il alors que le tribunal énumère ses condamnations précédentes depuis 2022, deux peines avec sursis. « M’envoyer en prison le jour de mon anniversaire, ce n’est pas comme ça qu’on aide un jeune » plaide-t-il. Il assure que l’argent retrouvé sur lui a été glissé dans sa poche contre son gré, par un autre individu qui a pris la fuite.

Château de cartes

Pour le parquet cependant, Saufiane n’était pas seulement présent à la cité Gély pour sa propre consommation mais en raison de son implication dans l’organisation du point de deal. Sa représentante requiert huit mois d’emprisonnement et la révocation de deux sursis antérieurs avec maintien en détention. « L’explication de l’argent glissé dans la poche n’est pas si rocambolesque que ça. L’accusation ne fournit pas assez de preuves, le dossier est peu fourni. Il n’a pas du tout la maturité pour respecter les deux sursis précédents » répond en défense me Fanny Sbaiti avant de demander une « peine éducative » pour son jeune client.

Saufiane K. a été relaxé des poursuites d’association de malfaiteurs, son implication dans le trafic, mais reconnu coupable pour celle de blanchiment de l’argent retrouvé en sa possession. Il a été condamné à six mois de prison auxquels s’ajoutent les révocations de deux sursis pour une durée supplémentaire de six mois. Une peine aménageable par le port d’un bracelet électronique mais assortie d’une interdiction de paraître à Montpellier pendant trois ans. Lors du prononcé du jugement, le président du tribunal a insisté sur la fragilité du « château de cartes » judiciaire imposé au jeune homme jusqu’à présent peu attentif aux contraintes qui lui étaient soumises. Mais qui aura finalement échappé à l’incarcération, le jour de ses 21 ans.