La nouvelle stratégie britannique en matière de bien-être animal, dévoilée peu avant Noël par le gouvernement, bénéficie d’un large soutien dans l’opinion. C’est ce que révèle une enquête YouGov, qui met en lumière un consensus majoritaire en faveur de plusieurs mesures emblématiques, dont l’interdiction de la « chasse à courre simulée », dite trail hunting.

Selon ce sondage, un Britannique sur deux se déclare favorable à une interdiction pure et simple de cette pratique, contre moins d’un tiers qui s’y oppose. La trail hunting consiste à reproduire les codes de la chasse au renard en suivant une piste olfactive artificielle, sans mise à mort officielle de l’animal. Si ses défenseurs la présentent comme une alternative respectueuse de la loi, ses détracteurs dénoncent une pratique servant parfois de paravent à la chasse traditionnelle, interdite depuis plusieurs années.

Un rejet net de la chasse au renard, y compris dans les campagnes

L’hostilité à la chasse au renard est encore plus marquée : plus de 80 % des Britanniques souhaitent son maintien dans l’illégalité, un niveau stable depuis plusieurs années. Contrairement à un discours souvent avancé, le clivage entre villes et campagnes apparaît limité. La moitié des habitants des zones rurales soutiennent également l’interdiction de la trail hunting, tandis qu’un peu plus d’un tiers y sont opposés.

Interrogés sur le rôle social et économique de la chasse dans les territoires ruraux, les Britanniques vivant à la campagne se montrent majoritairement sceptiques. Plus d’un sur deux estime que cette activité n’a pas d’importance sociale, et près de six sur dix jugent qu’elle ne joue pas un rôle économique significatif. Seule une minorité considère la chasse comme réellement structurante pour la vie locale.

Des clivages politiques, mais un socle majoritaire

Sur le plan politique, le soutien à l’interdiction de la trail hunting est majoritaire chez les électeurs travaillistes, écologistes et libéraux-démocrates. Les électeurs du parti Reform se montrent plus partagés, tandis que les conservateurs constituent le seul groupe où l’opposition domine clairement. Malgré cela, le socle global reste favorable à un durcissement de la législation.

Les représentants du monde de la chasse affirment pourtant que ces activités participent à l’économie rurale et au bien-être psychologique de leurs pratiquants. Des arguments qui peinent manifestement à convaincre une opinion publique de plus en plus sensible à la condition animale.

Pièges, élevages et colliers électriques : un soutien massif aux interdictions

Au-delà de la chasse, la stratégie gouvernementale inclut d’autres mesures très largement approuvées. En Angleterre, six citoyens sur dix soutiennent l’interdiction des pièges à collet, déjà bannis au Pays de Galles et en Écosse. Là encore, l’opposition reste minoritaire.

Le rejet est encore plus net concernant les élevages intensifs de chiots. Près de huit Britanniques sur dix souhaitent mettre fin aux « puppy farms », accusées de maltraitance et de pratiques commerciales abusives. De même, plus de 70 % des personnes interrogées se prononcent pour l’interdiction des colliers électriques pour chiens, jugés cruels et inutiles par de nombreux vétérinaires.

Ces résultats traduisent une évolution de fond de la société britannique. Les traditions rurales ou cynégétiques, longtemps invoquées pour freiner toute réforme, ne bénéficient plus d’un soutien automatique, y compris dans les territoires concernés. Le bien-être animal s’impose désormais comme un critère central dans l’élaboration des politiques publiques, porté par une opinion de plus en plus exigeante.

Reste à savoir si ces annonces se traduiront rapidement par des textes contraignants et applicables, ou si elles donneront lieu à de nouveaux bras de fer entre le gouvernement, les lobbies ruraux et les associations de protection animale.

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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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