Devant à la pause 10-7, l’USAP s’est inclinée 31-16, concédant 5 essais qui salent l’addition. Les premières réactions, à chaud avec Laurent Labit, Mattéo Le Corvec et Pierre Mignoni.

Laurent Labit (manager de l’USAP)

« On est satisfait du comportement, on est satisfait de ce qu’on a fait. On savait que ce serait très difficile. On sait, quand on est ici déjà, combien c’est difficile, et surtout quand, le match d’avant, ils ont pris une très grosse claque à Bordeaux. Donc on pouvait se douter que ça allait être un match très dur. Mais les joueurs ont répondu présent et, encore une fois, on avait un plan et une stratégie. On savait que les trente premières minutes seraient très importantes et que si, par contre, à la soixantième minute on était là dans le match, on savait que cette équipe pouvait douter, parce qu’elle n’est pas non plus dans une très grande confiance. On était dans ce plan-là, malheureusement, on repart à zéro point, ce qui est très dur pour nous et qui n’est pas si mérité et logique, vu les efforts qu’ont faits les joueurs ce soir. Les regrets ? Ils sont déjà de notre côté. Sur des mauvais choix, un manque de précision, notamment sur la conquête et la touche, où il nous manque deux ou trois munitions qui auraient pu nous permettre de mettre cette équipe un peu plus en difficulté, comme on l’a fait à partir de nos mêlées, par exemple, et de nos lancements. Quelques joueurs au pied aussi, et notamment au début de match, on ne voulait pas se mettre sous pression. Malheureusement, ça s’est mis rapidement avec un pied contré, une touche pas trouvée. Après, il y a des éléments qui ne nous concernent pas, qu’on ne peut pas maîtriser. C’est dommage parce qu’on passe autant de temps sur le terrain à travailler, à s’entraîner. Il y a des éléments qui sont incontournables et qui, malheureusement, nous empêchent aujourd’hui d’avoir des points. Il y a beaucoup de situations. La mêlée, je ne suis pas du tout d’accord avec l’arbitrage de la mêlée. Ce soir, on va dans le dernier coup franc qui amène l’essai qui tue le match. L’essai, bien sûr, au ballon porté. Une pénalité en début de deuxième mi-temps, on ne revient pas à l’avantage. Beaucoup de situations qui sont très chères, très, très chères même. Je ne vais pas aller sur ce terrain-là, bien sûr, on sait toujours comment ça se passe. Comme les joueurs, il y a des arbitres très performants, des arbitres moyennement performants, et parfois des arbitres qui passent à côté. Je pense que c’est pareil pour tout le monde. Après, on est tous un peu parano et on ne regarde que de notre côté. Il y a sûrement aussi des décisions et des fautes de l’autre côté. Mais sincèrement, le match d’aujourd’hui, Toulon méritait sa victoire. Perpignan, je pense, méritait au moins un point. Oui, on avance. Depuis trois semaines, et notamment la semaine avant Newport, on a fait une très bonne semaine. Le match à Trévise avait été très bon et pas très bien payé aussi, sur des erreurs de notre part qui ne nous avaient pas permis d’aller chercher le match. Le match de Clermont était un match abouti, même si on a joué à 14 pendant 60 minutes. Encore ce soir, on voit ce que les joueurs sont capables de faire face à un cador du championnat. Je suis très impatient d’arriver à Aimé-Giral samedi prochain. »

Mattéo le Corvec (troisième ligne de l’USAP) :

« Il y a beaucoup de frustration, ça fait chier. Je pense qu’on a mis un cœur énorme. Franchement, dans le combat, on y était. Mais dans un match comme ça, contre une équipe comme ça, si tu n’as pas l’adresse sur le ballon, tu ne peux rien faire. On a énormément défendu, on n’a rien lâché, mais tu ne peux pas être décisif si tu n’as pas la main sur le ballon. À la mi-temps, on savait que les quinze premières minutes de la seconde période allaient être décisives. Il fallait revenir avec un gros état d’esprit, beaucoup d’envie. Malheureusement, il y a eu de la fatigue, un petit relâchement, on a encaissé des essais et ça nous a fait douter. Ils ont aussi fait des changements qui leur ont beaucoup apporté. De notre côté, le carton jaune a compliqué la reprise. Tout ça nous a fait perdre le match. Ça ne rapporte pas de points au classement, mais encore une fois, il y a cette vaillance. L’état d’esprit était très intéressant. Quand on voit le match qu’on avait fait contre Clermont, on s’était dit qu’il fallait récidiver sur l’envie, et on y était. On commence vraiment à se construire un groupe solide, notamment en défense. On avait un gros cœur aujourd’hui. Maintenant, il va falloir régler l’aspect offensif, parce que le rugby, c’est marquer des points. Si tu ne touches pas le ballon, tu ne peux rien faire, c’est difficile. On progresse, c’est clair. Depuis Newport, ça fait plusieurs matchs où on est dedans. Aujourd’hui encore, on a été costaud, mais pas assez offensivement. Je pense qu’on est dans le vrai. On a plus d’armes face à Toulouse qu’il y a quelques mois. On va bien se préparer, on aura besoin des supporters. Contre les meilleurs, peut-être sans pression. Et après, on verra ».

Pierre Mignoni (manager de Toulon)

« On a manqué d’efficacité sur le dernier geste. On s’est précipité et on n’a pas pris ce match comme il fallait même si le job est fait. On a manqué de profondeur à certains moments, on s’est mis sous pression et on s’est mis en difficulté tout seul, même si Perpignan a fait le travail. Perpignan, c’est une bonne équipe, ils ne sont pas à leur place. S’ils sont là, c’est qu’ils ont loupé leur début de saison. À la mi-temps, on est derrière, mais on fait du jeu et on a la possession. On a clairement identifié nos axes de progrès en termes d’engagement et de robustesse. Ce soir, on est troisième et depuis 2025, le club n’a pas eu ce nombre de points sur une phase aller. Oui, on peut mieux faire, mais à force de râler et de ne jamais être content, on oublie un peu ce qui va. Oui c’est difficile en ce moment, mais je préfère être dans la position qui est la nôtre que celle de Perpignan. Je pense que Perpignan préférerait être à notre place. Nous avons perdu des joueurs important sur blessure, il faut passer entre les gouttes, faire des choix, serrer les fesses et préparer ce mois de janvier difficile. »