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Le placement en redressement judiciaire de la société Ipsomedic, prononcé le 17 novembre 2025, jette une ombre sur le calendrier du projet Ipsophène, future usine de production de paracétamol annoncée à Toulouse. Les porteurs du projet se veulent rassurants.

Ipsophène a-t-elle du plomb dans l’aile ? Une procédure de redressement judiciaire a été ouverte à l’encontre d’Ipsomedic, société installée à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Créée pour porter la recherche et le développement, Ipsomedic détient les brevets et les procédés innovants destinés à la fabrication de principes actifs pharmaceutiques.

Du paracétamol « Made in France » à Toulouse

Ces technologies devaient être exploitées sous licence par Ipsophène, la structure chargée de la production industrielle, notamment d’un paracétamol « made in France ».

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À Toulouse, Ipsophène prévoit l’aménagement d’une usine sur un site industriel d’ArianeGroup, à proximité de l’ancien site AZF.

Ce projet, très suivi par les acteurs locaux, s’inscrit dans un contexte de souveraineté médicamenteuse, alors que près de 85 % des principes actifs consommés en Europe sont aujourd’hui produits hors du continent.

Le président d’Ipsophène se veut rassurant

Interrogé par « La Dépêche » sur les conséquences du redressement judiciaire d’Ipsomedic, Jean Boher, président d’Ipsophène, se veut rassurant :

« Cette mise en redressement judiciaire d’Ipsomedic n’a pas de conséquence sur l’aboutissement du projet Ipsophène, qui possède tous les savoir-faire et les équipes pour démarrer la production dès que la ligne sera opérationnelle », affirme-t-il.

Dans les faits, le calendrier pourrait toutefois être décalé. La fragilisation de la société de R & D complique les discussions financières et industrielles, dans un projet déjà confronté à des investissements lourds et à des exigences réglementaires élevées.

Autorisation du préfet de Haute-Garonne

À Aubagne, Ipsomedic avait pourtant inauguré ses locaux fin 2024, en présence d’élus, avec l’ambition affichée de contribuer à l’indépendance sanitaire française grâce à des procédés de fabrication en continu, plus sobres et moins polluants.

Reste désormais à savoir si la procédure en cours permettra à Ipsomedic de se redresser rapidement. Les créanciers ont jusqu’à deux mois après la publication au Bodacc pour déclarer leurs créances.

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Pour rappel, en septembre 2025, Ipsophène avait obtenu le feu vert des services du préfet de Haute-Garonne, qui avait validé l’autorisation environnementale « permettant l’installation et l’exploitation d’une unité de fabrication de paracétamol selon un procédé innovant ».