Le 29 décembre, vous avez couru du côté de Loenhout, en Belgique. Comment ça s’est passé ?

Plutôt bien. Après, c’est un peu compliqué pour moi : je n’ai pas de points UCI, donc trois jours avant la course je ne savais toujours pas si j’allais pouvoir la faire. Là-bas, c’est assez particulier, tout dépend des points pour être pris ou non. Comme je n’en ai pas, c’est un peu à la chance, en fonction des engagés. Finalement, j’ai été pris, j’ai pu courir. Je partais avec le dossard 71, donc avant-dernier. Forcément, ça voulait dire faire une course de remontée. Je me sentais plutôt bien, mais devant il y avait vraiment les meilleurs : Van der Poel, Van Aert… Au final, je termine 23e, j’étais trop content. C’était un cross où il faisait froid, entre 0 et 2 degrés, super sec, pas du tout boueux. Ça roulait très vite : j’ai terminé avec une moyenne de 26 km/h. J’ai bien remonté et j’ai fait la course avec Maxence Lemardelé, champion de Normandie, que je connais très bien. On a roulé ensemble, on s’est un peu tirés, on a remonté les groupes. Mon objectif, c’était surtout de ne pas prendre les 80 %, et j’en suis loin, vu le circuit. C’est vraiment une bonne chose. Et puis l’ambiance… c’était fou, vraiment génial.

Vous avez su combien de temps à l’avance que vous pouviez courir ?

Trois jours avant le début de l’épreuve. Mais de toute façon, j’allais venir. J’avais déjà prévu de passer la semaine en Belgique, jusqu’à vendredi (2 janvier). Je m’étais préinscrit à Loenhout et à Diegem, mais je n’ai pas été pris sur la seconde course parce que c’est complet : 100 coureurs, tous avec des points UCI. Là, je sais que je vais faire Baal, le 1er janvier, mais j’attendais de savoir si je vais pouvoir courir à Mol, le lendemain.

À Loenhout, vous avez pu courir avec Van der Poel et Van Aert…

C’était magique. Bon, je n’ai pas réellement couru avec eux : ils sont loin devant, et je termine à 3’40 » de Matthieu Van der Poel. Mais c’est génial parce que tu fais la reconnaissance avec eux, avec les meilleurs. Van der Poel est juste à côté de toi, comme si c’était Tony Périou sur une Coupe de Bretagne. Et puis tu apprends énormément. Ils courent quasiment tous les jours de l’hiver, donc tu vois comment ça se passe là-bas par rapport à chez nous. C’est très enrichissant. En plus, l’ambiance est complètement folle : tout le monde crie, encourage, il y a de la musique à fond sur le circuit… c’est vraiment un autre monde.

Pendant une heure, c’est une ambiance non-stop, vous ne vous entendez même pas respirer…

Même pas. Et moi j’étais à fond. C’est ça qui est bien : le niveau, l’ambiance, tout te pousse. Je pense sincèrement qu’on roule plus fort en Belgique que chez nous.

Il n’y a aucune zone vide. Sur certains cross chez nous, même sur de grosses Coupes de Bretagne, il y a toujours un ou deux endroits au fond du circuit où il n’y a personne. Là-bas, pas du tout. C’est impressionnant.

Mais c’est génial parce que tu fais la reconnaissance avec eux, avec les meilleurs. Van der Poel est juste à côté de toi, comme si c’était Tony Périou sur une Coupe de Bretagne.

Comment vous êtes-vous organisés pour cette semaine ?

Je suis parti dimanche matin et arrivé dans l’après-midi. On a passé la nuit, de dimanche à lundi, près de Bruxelles. J’ai couru lundi, mardi, je ne courais pas à Diegem, mais on est allé voir la course pour profiter de l’ambiance. Aujourd’hui (le 31), il n’y a pas de course. Je vais quand même aller rouler, puis demain, je serai au départ à Baal. En espérant que ce soit aussi bon pour Mol, vendredi 2 janvier.

Comment allez-vous passer la Saint-Sylvestre ?

Je vais me réveiller tranquillement, faire deux heures de cross, puis l’après-midi aller me balader à Bruxelles. Nous allons faire un petit resto, et ensuite on avisera. Comme je cours le lendemain, je ne vais pas me détruire la santé : pas d’alcool et coucher pas trop tard.

Quels sont vos objectifs en venant passer une semaine en Belgique ?

Il n’y a pas vraiment d’objectif de résultat. Le but, c’est surtout de kiffer : profiter de l’ambiance des courses et prendre du plaisir. Et en même temps, faire une petite prépa pour les Championnats de France. Je passe la fin d’année avec des copains et ma copine, donc c’est aussi l’occasion de profiter. Mais il y a clairement l’idée de prendre du rythme avant les dernières échéances.

Et ça passe par des grosses remontées comme à Loenhout…

Je ne m’attendais pas du tout à faire une telle remontée. J’avais déjà fait Loenhout, il y a deux ans, et c’était un chantier monumental : j’avais pris la règle des 80 % à deux tours de l’arrivée (une règle qui prévoit de faire abandonner tout coureur 80 % plus lent que le temps du leader du premier tour pour éviter de gêner le bon déroulement de la course). Je savais que j’avais plus de chances cette année parce que je suis meilleur qu’il y a deux ans et que le circuit était roulant. Mais finir 23e, franchement, je suis très content.

Et demain à Baal, ça risque d’être pareil ?

On est moins nombreux à Baal, je crois qu’on sera une quarantaine. Après, on va voir. Baal, c’est super plat, ça roule vite, mais c’est aussi plus dur comme circuit. C’est sur le terrain de Sven Nys, donc très technique et très exigeant physiquement, avec de gros talus. Ça va faire plus de différences. L’objectif reste de ne pas prendre les 80 %, même si c’est plus risqué parce qu’il y aura encore Van der Poel.

Quand prévoyez-vous de rentrer en Bretagne ?

Après Baal et Mol (le 2), je vais rentrer directement en Bretagne. Samedi, je ne courais pas, mais dimanche, il y a le challenge de la Petite Mer, à Grand-Champ (Morbihan). Je ferai sûrement la course, histoire de faire une dernière sortie une semaine avant les Championnats de France.