Les sirènes des marins-pompiers ont tiré de leur sommeil les habitants du quartier Saint-Louis aux aurores mercredi. En cette heure matinale du 31 décembre, les camions du Bataillon convergeaient tous vers une même adresse : le n° 82 de la rue Le Chatelier, dans le 15e arrondissement de Marseille.
Arrivés avec 16 engins, près d’une cinquantaine de marins-pompiers ont lutté pendant deux heures avant de venir à bout de l’incendie qui s’était déclaré dans un magasin d’alimentation situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment d’habitation de 2 étages.
L’employé aspergé de liquide inflammable
Le sinistre n’aurait rien d’accidentel, puisque les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’un individu cagoulé aurait fait irruption vers 6 heures du matin dans cette supérette ouverte 24h/24 avec un bidon dans les mains, avant de répandre un liquide inflammable au sol.
L’employé qui se trouvait dans le commerce, lui-même aspergé de produit inflammable avant que l’assaillant ne mette le feu, ne doit son salut qu’à la réactivité qui lui a permis de prendre la fuite du magasin pour grimper se réfugier dans les étages.
Intoxiquées par les fumées, ce sont au total 11 victimes encore en pyjama qui ont été prises en charge par les marins-pompiers, alors que les techniciens de la police scientifique s’attelaient déjà aux premières constatations.
Pour certaines d’entre elles, l’épisode avait un arrière-goût de déjà-vu, puisqu’en 2024, cette même supérette – l’alimentation des 4 chemins, située à l’angle de la rue Le Chatelier et de l’avenue Ibrahim Ali – avait été visée par des tirs qui avaient provoqué un incendie.
La supérette avait déjà été visée en 2024
À l’époque, c’est vers 2h30 du matin que les riverains de la rue Le Chatelier avaient été brutalement réveillés par des détonations. Et pour cause : plusieurs individus venaient de tirer sur la devanture du commerce. Il n’y avait pas eu de blessés par balle, mais des clients avaient pris la fuite en courant, avant que ce petit magasin d’une trentaine de mètres carrés ne soit détruit par un incendie, vraisemblablement provoqué par un engin incendiaire jeté par les tireurs présumés avant qu’ils ne prennent la fuite en voiture.
Le parquet de Marseille a confié l’enquête sur cette nouvelle attaque ciblée, ouverte pour tentative d’homicide, à la BRB (brigade de répression du banditisme).