En Laponie finlandaise, les éleveurs de rennes font face à une augmentation inhabituelle des attaques de loups, principalement venus du côté russe de la frontière. Cette situation, liée indirectement à la guerre en Ukraine, menace les troupeaux et bouleverse l’équilibre économique et culturel des communautés locales, notamment les populations autochtones Sámi.
Depuis 2022, la guerre en Ukraine a des conséquences inattendues jusque dans le Grand Nord européen. Une situation surprenante touche aujourd’hui les régions arctiques de Finlande, où les éleveurs de rennes constatent une hausse significative des attaques de loups, qui semblent venir du côté russe de la frontière. Cette dynamique bouleverse l’équilibre naturel et les activités traditionnelles dans cette région isolée.
Une forte augmentation des attaques de loups
Les éleveurs finlandais ont observé une augmentation du nombre de rennes tués ou attaqués par des loups depuis le début du conflit. Selon l’Institut finlandais des ressources naturelles, la population de loups a augmenté de manière significative en 2025, entraînant une hausse d’environ 70 % du nombre de rennes dévorés par rapport à l’année précédente. Pour les communautés rurales du Grand Nord, ce phénomène n’est pas anodin : l’élevage du renne constitue un pilier économique et culturel majeur. Les rennes sont essentiels non seulement à l’économie locale, mais aussi à l’identité culturelle des éleveurs, qui voient leurs animaux non seulement comme des ressources, mais aussi comme une part vivante de leur héritage.
La guerre en Ukraine, facteur déclencheur ?
Si l’on s’interroge sur les causes de cette explosion de prédation, une hypothèse revient souvent : la mobilisation russe pour la guerre en Ukraine a contribué à réduire la chasse aux loups dans les zones frontalières, principalement en Russie. Cette diminution de la chasse aurait permis aux populations de loups de proliférer, certains traversants ensuite la frontière naturelle vers la Finlande pour chasser les troupeaux de rennes.
Les chercheurs spécialisés en biologie animale soulignent que les activités de régulation des populations de prédateurs ont fortement diminué dans certaines régions rurales russes, car de nombreux chasseurs locaux ont quitté leurs territoires pour rejoindre les efforts militaires ou ont été mobilisés ailleurs. Un phénomène qui intervient dans un contexte où le gouvernement à proposer un projet de loi favorisant la chasse des loups en Finlande, sous certaines conditions.
Ces deux évènements viennent donc bouleverser la loi mise en place en 1973 pour la protection de cet animal.