L’Homme qui rétrécit, Chien 51, Alpha… Quels sont les plus gros bides du cinéma français en 2025 ? Retour sur (un peu plus de) 10 films.
Cette année, le box-office des films français a été timide. En 2024, quelques titres ont été de vrais succès populaires, notamment Un p’tit truc en plus (10,83 millions d’entrées), Le Comte de Monte-Cristo (9,38 millions) et L’Amour ouf (4,93 millions). Mais en 2025, un seul film français s’est glissé dans les dix plus gros succès : God Save the Tuche (2,99 millions), loin devant le deuxième plus gros succès hexagonal de l’année, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan (1,51 million).
Pourtant, notre douce industrie a une nouvelle fois témoigné de sa diversité et de son ampleur, sans toujours trouver son public. Cette année encore, Ecran Large vous propose la liste des 10 plus grosses déceptions au box-office français.
Avertissement 1 – c’est un échantillon qui n’a rien exhaustif. Nous aurions aimé parler des bides de Dalloway, Mercato, Yoroi… mais il a fallu faire du tri.
Avertissement 2 – cet article ne s’intéresse qu’à une partie, parfois infime, de la carrière d’un film en France : son exploitation au cinéma (dont les performances se comptent en entrées et non en recettes comme aux États-Unis). Certaines œuvres vivent, voire sont conçues pour l’international, et d’autres se refont complètement avec leur carrière post-cinéma (TV, streaming, support physique…).
1. Toutes pour une
- Budget : 10 millions d’euros
- Box-office : 14 059 entrées (en trois semaines)

Un projet intrigant (sur le papier)
On attaque avec du lourd. Toutes pour une est le deuxième long-métrage de fiction réalisé par Houda Benyamina, après le prometteur Divines (Caméra d’or au Festival de Cannes 2016, trois César). Le projet était intrigant : un détournement féminin des Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, avec un solide quatuor d’actrices (Oulaya Amamra, Sabrina Ouazani, Déborah Lukumuena et Daphne Patakia).
Sauf que le film a été un énorme échec au box-office. D’après Le Figaro, lors de sa première semaine d’exploitation, Toutes pour une a attiré 9 407 personnes sur 155 copies. Et c’était un peu plus de 14 000 au bout de trois semaines de diffusion (difficile de trouver des chiffres au-delà). À titre de comparaison, Divines a cumulé 321 931 entrées lors de sa sortie en 2016, avec un budget de 2,44 millions d’euros.

Échec et mat
Notons que cet échec hallucinant a été accompagné d’une campagne de dénigrement. En effet, la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) et l’Union des producteurs de cinéma (UPC) ont publié un communiqué dénonçant les attaques coordonnées dont a été victime Toutes pour une.
« Une fois de plus, un film français est attaqué par la fachosphère » peut-on lire dans le communiqué, qui relève une méthodologie précise dont auraient déjà fait les frais d’autres œuvres, notamment Rodéo réalisé par Lola Quivoron, Les Rascals mis en scène par Jimmy Laporal Trésor et L’Histoire de Souleymane signé Boris Lojkine. La SRF et l’UPC dénoncent « une croisade coordonnée […] où les insultes racistes, grossophobes et sexistes se disputent aux attaques ad hominem ». Les groupes notent également que les « raids numériques ont été d’une telle violence que la plateforme de référence Allociné, principale source prescriptrice en France, a suspendu la note spectateurs ».
Une campagne de haine absolument minable et honteuse… sur un mauvais film qui peut tout à fait être critiqué pour mille raisons légitimes, comme on l’expliquait dans notre article.
2. Natacha (presque) hôtesse de l’air
- Budget : 15,96 millions d’euros
- Box-office : 101 635 entrées

Un accueil (presque) aussi chaleureux
Après un passage par Netflix (Plan Cœur, Nice Girls, Super Mâles), Noémie Saglio est de retour au grand écran avec Natacha (presque) hôtesse de l’air. Si la réalisatrice a ici bénéficié du plus gros budget de sa carrière pour un film de cinéma (15,96 millions d’euros), elle a également signé son moins bon score au box-office : 101 635 entrées, loin derrière Toute première fois (420 823 entrées), Connasse, Princesse des cœurs (1,19 million d’entrées), Telle mère, telle fille (196 455 entrées), et Parents d’élèves (281 273 entrées).
Lors de sa première semaine d’exploitation, Natacha (presque) hôtesse de l’air a fini neuvième au classement hebdomadaire du box-office hexagonal. Pour l’un des films français les plus chers produits et sortis en 2025, accessoirement le plus gros budget de l’année pour une réalisatrice, c’était déjà très laborieux. D’après JP Box-office, sur l’ensemble de son exploitation au cinéma, le film n’aurait rentabilisé que 4 % de son budget.

À la recherche des spectateur·ices
Pour rappel, Natacha (presque) hôtesse de l’air est l’adaptation modernisée de la bande dessinée Natacha créée par le dessinateur belge François Walthéry, le scénariste Gos, et publiée à partir de 1970. D’après un article du Parisien, le film semble avoir pris du temps à se monter : « Il y a eu souvent des options de posées mais elles avaient toutes échoué, pour des problèmes de budget ou de disponibilités… »
Les 3,2 millions d’exemplaires vendus et les traductions en six langues donnent du sens à l’adaptation de Natacha au cinéma. De là à en faire un film à l’énorme budget de 15,96 millions d’euros ? Pathé, co-producteur et principal distributeur du film, semble avoir eu les yeux plus gros que le ventre.
3. Le Routard
- Budget : 14,17 millions d’euros
- Box-office : 216 960 entrées

Le succès c’est surcoté
Imaginez : une adaptation de la bien connue collection Le Guide du Routard (WTF 1), sous forme de comédie d’aventures à 14,17 millions d’euros (WTF 2), avec Hakim Jemili, Michel Blanc et Christian Clavier (évidemment), écrite et réalisée par le scénariste des Tuches et d’Astérix & Obélix: L’Empire du Milieu, Philippe Mechelen ? Ce film existe et c’est Le Routard.
Malgré l’ambition populaire, que l’on devine au budget et au casting, ses performances au box-office n’ont pas suivi. Sur l’ensemble de son exploitation, Le Routard n’a vendu que 216 960 tickets de cinéma. C’est deux fois moins que Le Doudou (401 326 entrées), le précédent film réalisé par Philippe Mechelen, sorti en 2018 et produit pour 6,8 millions d’euros.

« Toi aussi t’es dans 14 comédies cette année ? »
À titre de comparaison, au rayon des comédies françaises de 2025, c’est à peine plus que le box-office de Certains l’aiment chauve (210 513 entrées pour 10,06 millions de budget), mais moins que Le Jour J (322 315 entrées pour 8 millions de budget), Y a pas de réseau (705 781 entrées pour 7,7 millions de budget), T’as pas changé (710 633 entrées pour 13,85 millions de budget) et C’était mieux demain (883 474 entrées pour 9,2 millions de budget).
Notons que cette année, Hakim Jemili était un peu partout au cinéma. On l’a vu dans Mercato, réalisé par Tristan Séguéla, dans Adieu Jean-Pat mis en scène par Cécilia Rouaud, dans Chasse gardée 2 signé Antonin Fourlon et Frédéric Forestier, mais aussi et surtout dans le petit succès L’Amour c’est surcoté, dirigé par Mourad Winter. Avec moitié moins de budget (6,14 millions d’euros), le film avec Laura Felpin a attiré plus du double que Le Routard (471 124 entrées).
4. Le Grand déplacement
- Budget : 17,10 millions d’euros
- Box-office : 130 970 entrées
Le grand déplacement (mais pas du public)
Après son César du meilleur espoir masculin pour Tout simplement noir et ses deux nouvelles séries, Carrément Craignos et En place, Jean-Pascal Zadi est revenu au grand écran avec Le Grand Déplacement. On peut dire qu’avec son budget conséquent (17,10 millions d’euros), son casting éclectique (Jean-Pascal Zadi, Reda Kateb, Lous And The Yakuza, Fadily Camara, Fary, Déborah Lukumuena et Claudia Tagbo) et ses importants moyens techniques (utilisation d’un mur de LED géant, fabrication d’un vaisseau spatial de 300 ㎡ dans le studio de Bry-sur-Marne…), Le Grand déplacement est une grosse machine.
Malheureusement, l’ambition de Jean-Pascal Zadi n’a pas été récompensée au box-office puisque le (très mauvais) film n’a attiré que 130 970 personnes sur l’ensemble de son exploitation. C’est très en dessous des chiffres de Tout simplement noir, qui avec un budget de 3,4 millions d’euros et une sortie trois semaines après la première réouverture des cinémas lors de la pandémie de COVID-19, a cumulé 760 628 entrées.
Seul sur Mars
Lors de sa première semaine de diffusion, Le Grand Déplacement a atterri à la dixième place du classement hebdomadaire du box-office français avec 81 619 entrées. Ce n’était que le quatrième meilleur démarrage de la semaine, certes derrière les blockbusters F1 (1 million) et 13 jours 13 nuits (186 005), mais aussi derrière le film d’horreur M3GAN 2.0 (83 539), pourtant diffusé dans presque 100 salles de moins (304 copies contre 395 pour Le Grand déplacement).
5. 13 jours 13 nuits
- Budget : 30 millions d’euros
- Box-office : 468 533 entrées

Blockbuster à la française
Entre la série Apple TV Carême et le film 13 jours 13 nuits, présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, 2025 a été une grosse année pour Martin Bourboulon. Néanmoins, son dernier long-métrage a été une grosse déception au box-office puisqu’avec 30 millions d’euros de budget (le troisième plus gros investissement français de l’année), le film n’a attiré que 468 533 personnes.
C’est le moins bon score de sa carrière, derrière le premier Papa ou maman (budget de 12,84 millions pour 2,89 millions d’entrées), sa suite (budget de 16,38 millions pour 1,37 million d’entrées), Eiffel (budget de 23,4 millions pour 1,47 million d’entrées) et les deux Les Trois Mousquetaires, D’Artagnan (budget de 30 millions pour 3,34 millions d’entrées) et Milady (budget de 30 millions pour 2,58 millions d’entrées).
Les projets de Pathé VS la réalité
Lors de sa première semaine d’exploitation, 13 jours 13 nuits a attiré 186 005 curieux et a atterri à la cinquième place du classement hebdomadaire du box-office hexagonal. Face à lui et avec un nombre de copies proche (577 contre 526 pour le Martin Bourboulon), le film F1 avec Brad Pitt a cumulé plus d’un million d’entrées.
À noter que Martin Bourboulon a collaboré avec Olivier Cauwet et les équipes de la célèbre société d’effets spéciaux BUF (Matrix Reloaded et Revolutions, Avatar, Blade Runner 2049). D’après Allociné, le film aurait bénéficié d’un travail de reconstitution « colossal », notamment pour transformer les villes de tournage marocaines en Kaboul, le décor de l’intrigue. De quoi justifier un budget gargantuesque de 30 millions d’euros.
6. Alpha
- Budget : plus de 10 millions d’euros
- Box-office : 101 386 entrées

Rise and fall de Julia Ducournau ?
Après le déjà très remarqué Grave et la consécration Titane (Palme d’or en 2021), le nouveau film réalisé par Julia Ducournau, Alpha, était très attendu. Malheureusement, la déception a été énorme : d’abord critique, avec un accueil glacial lors de sa présentation au dernier Festival de Cannes ; puis financière, puisque le film avec Tahar Rahim et Golshifteh Farahani n’a cumulé que 101 386 entrées au box-office.
Si l’on ne connaît pas exactement le budget de ce Alpha, un article du Figaro affirme qu’il serait le seul film réalisé par une cinéaste, avec Natacha (presque) hôtesse de l’air, à avoir été agréé par le CNC en 2024 avec un devis supérieur à 10 millions d’euros. C’est donc un budget supérieur à celui de Grave (3,6 millions d’euros), qui a attiré 149 239 personnes lors de sa sortie, et à celui de Titane (7,43 millions), qui a cumulé 303 610 entrées.
Lors de sa première semaine d’exploitation, Alpha a attiré 53 944 curieux dans 360 salles obscures. Avec presque 300 copies de moins (79), Grave en a attiré 62 340 en 2017. Toujours à titre de comparaison, le film Valeur sentimentale, également passé par la compétition cannoise de cette année, a cumulé 132 076 entrées lors de sa première semaine de diffusion dans 252 cinémas.
7. Les Orphelins
- Budget : 18,54 millions d’euros
- Box-office : 133 997 entrées

L’état du cinéma d’action francophone
Avant d’être cinéaste, Olivier Schneider a été chef cascadeur sur le tournage des James Bond Mourir peut attendre et Spectre, cascadeur et coordinateur de combats sur Fast & Furious 6, et coordinateur de combats sur Taken. Les Orphelins est son premier long-métrage à sortir au cinéma (après GTmax sur Netflix)… et le public n’a pas été au rendez-vous.
Avec son gros budget de 18,54 millions d’euros, Les Orphelins a cumulé 133 997 entrées au box-office sur l’ensemble de son exploitation. Lors de sa première semaine de diffusion, il n’a attiré que 76 520 personnes. À la même date sortait le film d’horreur La Nuit des clowns, qui a vendu 126 020 tickets de cinéma avec une diffusion moindre (300 copies contre les 425 des Orphelins).
Notons que 2025 a été une année faiblarde pour le cinéma d’action francophone. Les chiffres très moyens de Rapide (budget de 14,45 millions d’euros pour 172 030 entrées, aussi avec Alban Lenoir), Yoroï (budget de 14 millions pour 277 607 entrées) et Badh (budget de 7 millions pour 54 937 entrées), maintiennent l’idée que le cinéma d’action francophone peine encore à s’assurer une place stable économiquement sur nos grands écrans.
8. La Tour de glace
- Budget : 6,11 millions d’euros
- Box-office : 7 146 entrées en un mois

« Non madame Salamé, ça ne va pas. »
Il y a des films correctement diffusés qui ne rencontrent pas leur public (la majorité de cette liste). Et il y en a d’autres qui sont si peu exploités qu’ils n’ont même pas la possibilité de réellement exister dans les salles obscures. La Tour de glace, du haut de ses 7 146 entrées en un mois d’exploitation (les sources ne vont pas plus loin), fait partie de cette deuxième catégorie. Au maximum, le nouveau film réalisé par Lucile Hadžihalilović, avec Marion Cotillard, a été montré dans… 57 cinémas.
Ce n’est pas beaucoup moins que Oui, le dernier long-métrage réalisé par Nadav Lapid (80 copies) ou que le film d’horreur The Ugly Stepsister (94), qui ont pourtant cumulé réciproquement 54 043 et 39 672 entrées lors de leur sortie. Cependant, La Tour de glace a été bien plus confortablement produit (budget de 6,11 millions d’euros) que la satire du cinéaste israélien (4 millions) et que le body horror danois (3,61 millions).
Le four du film n’est pas sans rappeler celui des Derniers Hommes, sorti l’année dernière. Malgré un budget relativement conséquent (7,5 millions d’euros), le long-métrage réalisé par David Oelhoffen n’a pas atteint les 6 000 entrées au bout d’un mois, notamment à cause de sa chétive diffusion (33 copies lors de sa sortie). L’Ours d’argent de la meilleure contribution artistique pour Lucile Hadžihalilović et surtout la présence de Marion Cotillard n’auront donc pas suffi à faire exister le film dans les salles obscures.
9. Chien 51
- Budget : 42 millions d’euros
- Box-office : 1 374 277 entrées

Rater son braquage et finir au poste
Preuve de la tiédeur du box-office de 2025 : le quatrième meilleur score français de l’année est aussi l’une de ses plus grosses déceptions. Chien 51, le nouveau film réalisé par Cédric Jimenez (Bac Nord, Novembre), a cumulé 1 380 898 entrées sur l’ensemble de son exploitation. Certes, le film a dépassé la barre symbolique du million d’entrées, mais pour le deuxième plus gros budget français de l’année (42 millions d’euros), c’est le strict minimum.
Gros casting, gros budget, grosses ambitions de SF : Chien 51 est le long-métrage le plus cher réalisé par Cédric Jimenez à ce jour, très loin devant Aux yeux de tous (1,5 millions), mais aussi devant La French (22,84 millions), HHhH (27,8 millions), Bac Nord (13 millions) et Novembre (plus de 15 millions). Cependant, c’est l’une de ses moins bonnes performances au box-office, certes devant le bide HHhH (242 999 entrées), mais derrière La French (1 530 106), Bac Nord (2 218 308) et Novembre (2 393 484).

Adèle Exarchopoulos, toujours impeccable
Ce véritable blockbuster français est aussi le film le plus cher produit par Hugo Selignac, le papa de Chi-Fou-Mi Productions et un des porte-étendards des récentes grosses productions hexagonales. On est pourtant en dessous des chiffres de L’Amour ouf (budget de 35,75 millions d’euros pour 4 939 189 millions d’euros) et du Chant du loup (budget de 20 millions pour 1 548 510 entrées).
Aussi, avec un budget comparable et sans prendre en compte l’inflation, Chien 51 a moins performé que Sur la piste du Marsupilami (budget de 39,37 millions d’euros pour 5 304 366 entrées) et le récent Le Comte de Monte-Cristo (budget de 42,9 millions pour 9 382 216 entrées). Le million de Chien 51 sonne bien peu au regard de son budget gargantuesque.
10. L’Homme qui rétrécit
- Budget : 21,04 millions d’euros
- Box-office : 265 381 entrées

Quand tu essaies d’attendre les 500 000 entrées
Quand Jean Dujardin et le réalisateur Jan Kounen (99 francs, Blueberry) veulent faire leur propre version du roman de science-fiction L’Homme qui rétrécit, déjà adapté au cinéma en 1957 par le génial Jack Arnold, ça donne l’un des films français les plus chers sortis en 2025 avec un budget de 21,04 millions d’euros. Pourtant, malgré l’ambition revendiquée du projet, le public n’a pas suivi : seulement 265 381 entrées depuis sa sortie fin octobre dernier.
Ces chiffres sont parmi les plus bas de la carrière de Jean Dujardin, tout juste devant ceux du Daim (213 649 entrées), produit pour une bouchée de pain comparé à L’Homme qui rétrécit (3,9 millions d’euros). Ainsi, cette dernière création a moins marché que les films Chacun sa vie (budget de 7,53 millions pour 304 846 entrées), Présidents (budget de 4,5 millions pour 431 129 entrées), I Feel Good (budget de 4,42 millions pour 527 324 entrées) et Un homme à la hauteur (budget de 13,14 millions pour 708 667 entrées).

Les ambitions de Dujardin VS le box-office
À l’échelle de la carrière du réalisateur Jan Kounen, c’est aussi une grosse déception. L’Homme qui rétrécit a certes fait mieux que le bide Coco Chanel & Igor Stravinsky (budget de 12 millions d’euros pour 132 159 entrées). Cependant, il s’est incliné face aux chiffres de Mon cousin (budget de 11,42 millions pour 356 814 entrées), Blueberry, l’expérience interdite (budget de 36,13 millions pour 765 897 entrées), Dobermann (budget de 5 millions pour 792 424 entrées) et 99 francs (budget de 12,45 millions pour 1 233 503 entrées).
Au micro du média Ecran Total, Xavier Albert, le directeur général d’Universal Pictures France, a affirmé que « pour des raisons cohérentes, [le studio va] officiellement arrêter les films français ». D’après Variety, Universal ne se contentera que d’être plus sélectif. Néanmoins, on regrette que le cinéma dit « de genre », et à gros budget, ne puisse pas plus exister en Hexagone. Pas pour concurrencer les américains, mais pour que le cinéma français continue de briller par la grande diversité de ses créations, des plus petites aux plus ambitieuses.
Bonus : le cas Papamobile
- Budget : 1,2 million d’euros
- Box-office : 372 entrées en deux semaines

Quand tu pensais échapper au Flop 10
Comment faire un bilan des plus gros échecs au box-office de 2025 sans évoquer le cas Papamobile ? Jugé « raté » et « pas drôle » par son producteur Jean Bréhat (fidèle collaborateur de Bruno Dumont, qui a aussi travaillé sur La Vérité et L’Insulte), et lâché en sortie technique par son distributeur The Jokers Films, Papamobile est devenu la risée d’Internet et un cas d’école de ce qui peut mal se passer dans la diffusion d’un film.
Pour rappel, une sortie technique est une diffusion minimale, dans quelques salles seulement et quasi sans promotion, d’un film dont le producteur, le réalisateur et/ou le distributeur n’est pas satisfait. Lors de sa sortie le 13 août dernier, Papamobile a été diffusé dans seulement 7 salles, à Avignon, Bagnoles-de-l’Orne, Saverne, Douvaine, Évian-les-Bains et Romans-sur-Isère – soit dans aucune métropole, ni de commune en Île-de-France.

Même plus la force de chercher une légende drôle en fait
Ce qui est malheureux dans tout ça, c’est que le film réalisé par Sylvain Estibal (Le Cochon de Gaza) n’est pas une grosse machine cynique, au budget gargantuesque et aux acteurs surpayés. Il a été produit pour environ 1,2 million d’euros, sans soutien public (excepté une aide à l’écriture du CNC), a été tourné en 24 jours et Kad Merad, le plus gros nom du casting, a mis son salaire en participation. Ce que le réalisateur avait lui-même mis en avant à la sortie cinéma.
Pour l’instant, Papamobile est disponible en VOD et sera mis en ligne sur Amazon Prime l’année prochaine. Sylvain Estibal avait d’ailleurs « fêté » ça avec un message désopilant sur LinkedIn (oui oui) :
