Faux amis au rayon frais : ces
yaourts qui pèsent lourd dans l’assiette
Ils sont blancs, lisses,
présentés comme « naturels », « riches en protéines », « sains pour les
os »… et pourtant. Tous les
yaourts ne se valent pas. Dans une enquête publié en janvier
2025, l’association UFC-Que
Choisir a passé au crible 30 références de produits laitiers
vendus en grande surface : du skyr au petit-suisse, en
passant par le fromage blanc ou les yaourts de brebis.
Résultat : la teneur en
calcium, protéines, graisses et calories varie du simple au triple
selon les marques et les types de yaourts. L’étude fait voler en
éclat certaines idées reçues, notamment sur les produits prisés
pour leur profil “santé”. À commencer par les petits-suisses, qui
se hissent tout en haut du podium des plus caloriques… aux côtés du
camembert.
Le petit-suisse, champion… de
la graisse
À première vue, c’est une
portion minuscule, bien sage dans son emballage coloré. En réalité,
le petit-suisse cache un profil nutritionnel étonnamment riche.
UFC-Que Choisir parle d’un vrai “grand écart” parmi
les produits laitiers frais, avec un focus sans appel :
« Au coude à coude avec les
yaourts à la grec avec 10% de matières grasses. Une portion de ces
produits apporte autant de gras que 2 tranches de
camemberts et contient jusqu’à trois fois les calories d’un yaourt
de vache partiellement écrémé« .
Concrètement, cela représente
en moyenne 140 calories
pour 100 grammes de petit-suisse, contre environ 50 pour
un yaourt de vache classique. Et contrairement à ce que l’on
pourrait croire, ce n’est pas un bon apport en calcium : ces
yaourts figurent parmi les plus pauvres en minéraux.
Cerise sur le pot ? Ces
produits sont vendus dans des contenants plastiques unitaires, générant une
quantité considérable de déchets. Un vrai contre-sens à l’heure de
la sobriété écologique.
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Shutterstock
140
calories et 10 % de matières grasses pour 100 g : ce
petit-suisse très courant affiche la même teneur en graisses que
deux tranches de camembert, selon l’UFC-Que Choisir.
Comment bien choisir son
yaourt : les bons réflexes
Le yaourt peut rester
un allié santé, à condition de ne pas le choisir à l’aveugle.
Voici les réflexes simples pour éviter les pièges :
-
Vérifiez la teneur en matières grasses :
méfiez-vous des yaourts « nature » qui peuvent contenir jusqu’à 10 %
de lipides. Préférez les versions 0 %, skyrs allégés ou yaourts de
brebis écrémés. -
Fiez-vous au calcium, pas au marketing :
le yaourt de brebis est l’un des plus intéressants. Il peut couvrir
« 20 à 30 % des besoins quotidiens en calcium », selon
l’UFC. -
Ne surconsommez pas les protéines :
« Si vous bénéficiez d’un régime alimentaire équilibré, vous
n’avez pas besoin d’augmenter votre apport par
vos yaourts« . -
Soyez attentif au conditionnement :
favorisez les pots familiaux plutôt que les formats miniatures très
générateurs de plastique. -
Pensez à la diversité : certains légumes
verts (chou frisé, épinards), légumineuses (pois chiches,
lentilles) et fruits secs (figues, raisins) apportent eux aussi du
calcium naturellement.
Ce
que révèle vraiment notre amour du yaourt
Pourquoi continue-t-on à
penser que le yaourt, quel qu’il soit, est
le totem d’une alimentation saine ? Parce qu’il coche toutes
les cases du fantasme diététique : rassasiant, protéiné, peu sucré,
“fait maison” dans l’imaginaire collectif.
Mais cette vision a ses
limites, surtout quand le produit en question contient
autant de matières
grasses qu’un fromage. La palme revient donc à ces petits
formats, dopés au gras et pauvres en calcium, vendus comme
“naturels” ou “pour les enfants”, mais loin d’être anodins dans un
régime quotidien.
En réalité, ce sont les
produits les plus simples, parfois
les moins marketés, qui remplissent le mieux les promesses
nutritionnelles. Un retour à la base, en somme : choisir,
comprendre, et lire les étiquettes plutôt que les slogans.
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