l’essentiel
En décembre 2025, trois établissements emblématiques du département ont été ravagés par les flammes, doublant presque le nombre de d’incendie dans les établissements recevant du public par rapport à l’année précédente.
Décembre est d’ordinaire le mois où les restaurants remplissent leurs salles, font monter la cadence avant les fêtes. Cette année, en Haute-Garonne, il a surtout laissé derrière lui une odeur de suie et des bâtiments calcinés. En l’espace de quelques semaines, plusieurs établissements emblématiques ont été frappés par des incendies dévastateurs. À Balma-Gramont, au bord du lac de Lenclas, ou en plein cœur de Toulouse, le même scénario s’est répété : sirènes à l’aube ou en soirée, flammes voraces, salariés hébétés.
Le 11 décembre, peu avant le lever du jour, la zone d’activité de Balma-Gramont s’éveille sous des lumières bleutées. À 5 h 30, les pompiers arrivent devant le restaurant Chez Yvonne, déjà entièrement embrasé. Les flammes mordent l’acier, avalent la terrasse couverte inaugurée l’été précédent, tordent le treillis métallique comme une sculpture fondue. En quelques heures, l’adresse réputée pour ses viandes XXL n’est plus qu’un amas de décombres.
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La propagation aux commerces voisins est évitée, mais le restaurant est détruit. Devant les ruines encore fumantes, une cinquantaine de salariés restent groupés, téléphone en main. « Le resto a cramé, il n’y a plus rien », lâche l’un d’eux, incrédule. L’enquête, confiée à la gendarmerie, n’écarte aucune piste : accident, défaillance électrique, acte criminel.
« ’L’hiver n’est pas statistiquement une saison plus propice aux incendies de restaurants »
Quelques jours plus tôt, le 2 décembre, c’est au bord du lac de Lenclas que le ciel s’est embrasé. À 6 h 15, l’alarme du restaurant La Compagnie Saint-Félix retentit. Le feu a déjà pris. Jusqu’à quarante-cinq pompiers seront mobilisés pour venir à bout d’un bâtiment de 300 m², dont la toiture s’effondre sous l’effet de la chaleur. Deux explosions de bouteilles de butane ponctuent l’intervention. Un pompier est légèrement blessé.
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Ici, la piste accidentelle est privilégiée : un défaut électrique, pensent les enquêteurs. Pour le gérant, l’hiver se résume à des démarches, des assurances, et à la perte de dizaines de milliers d’euros de réservations.
La fin d’année n’épargne pas non plus le centre de Toulouse. Début décembre, en début de soirée, un incendie éclate dans la cuisine du Bar Basque, place Saint-Pierre. Cette fois, le départ de feu est plus circonscrit. Une friteuse, probablement. Mais la propagation est fulgurante. Les flammes dévorent la cuisine, gagnent les étages, percent la toiture.
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Chaque incendie a sa logique, son origine probable, ses circonstances propres. Ensemble, ils dessinent pourtant un signal inhabituel. Selon le SDIS de la Haute-Garonne, 96 interventions pour des feux dans des établissements recevant du public (ERP) ont été recensées en 2025, contre 94 l’année précédente. Mais c’est le mois de décembre qui frappe : 11 départs de feu en décembre 2025, contre cinq en décembre 2024. Un peu plus du double.
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Des chiffres bruts, que les pompiers se gardent d’interpréter. Ils rappellent qu’un « départ pour feu » ne signifie pas toujours un incendie avéré à l’arrivée sur place. Et surtout, ils le martèlent : déterminer l’origine relève des enquêteurs, pas des secours. « Une chose est sûre : contrairement à une idée reçue, l’hiver n’est pas statistiquement une saison plus propice aux incendies de restaurants », précise un pompier.
Mais ce décembre 2025 restera comme un mois de cendres pour la restauration haut-garonnaise.