Le tas de bois qui dégringole au fil de l’hiver, la facture qui
grimpe alors que le poêle tourne à plein régime… Beaucoup de foyers
ont l’impression de nourrir le feu sans jamais en voir la fin. La
réalité, c’est que toutes les bûches ne se valent pas, surtout
quand l’humidité s’en mêle.
Dans un contexte où le chauffage au bois reste
plébiscité mais où la norme Ecodesign 2022 serre la vis sur les
appareils les moins performants, un type très particulier de bûche
attire l’attention : les bûches densifiées,
parfois présentées comme jusqu’à 300 % plus efficaces que le bois
traditionnel. Reste à voir ce que cache vraiment cette
promesse.
Bûche densifiée : une bûche ultra-sèche et très compacte
La bûche densifiée est fabriquée à partir de résidus de
l’industrie du bois, surtout des sciures et copeaux, séchés puis
compressés à très haute pression. Aucun liant chimique n’est
ajouté, la lignine naturellement présente dans le bois faisant
office de “colle”. On obtient une bûche très dense, homogène, avec
un taux d’humidité souvent inférieur à 10 %, bien en dessous des 20
à 30 % d’un bois bûché classique.
Cette très faible humidité se traduit par un pouvoir
calorifique élevé, généralement compris entre 4,8 et 5,2
kWh/kg, quand un bois traditionnel tourne autour de 2 à 3 kWh/kg.
La combustion reste plus longue et régulière, avec moins de fumée
et moins de cendres, ce qui limite l’encrassement des conduits et
des vitres. Autre effet concret au quotidien : pour une même
quantité de chaleur, ces bûches occupent jusqu’à quatre fois moins
de volume de stockage.
Bûches densifiées vs bois classique : où se cachent les 300 %
?
Si l’on compare une bûche densifiée à 5 kWh/kg avec un bois trop
humide qui peine à atteindre 2 kWh/kg, le gain d’énergie disponible
par kilo peut approcher un facteur 2 à 3. Ajoutez à cela une durée
de combustion qui se compte en une à plusieurs heures pour une
seule bûche densifiée, là où plusieurs morceaux de bois classique
sont nécessaires pour suivre, et l’impression d’“efficacité
multipliée par trois” devient très concrète en nombre de
rechargements et en volume manipulé.
Dès que le bois traditionnel est déjà bien sec et rangé à
l’abri, l’écart se réduit, même s’il reste net en confort et en
propreté. L’appareil joue aussi un rôle majeur : un vieux foyer
ouvert ou un insert d’ancienne génération gaspille une partie de
cette énergie, quand un poêle ou insert récent conforme à Ecodesign
2022 en tire bien mieux parti. Sans isolation correcte, enfin, la
chaleur finit de toute façon par s’échapper.
Passer aux bûches densifiées dans de
bonnes conditions
Pour profiter réellement de ce combustible, quelques réflexes
s’imposent. L’allumage se fait avec du petit bois sec ou un
allume-feu, les bûches densifiées étant ajoutées une fois le foyer
bien chaud. Il est recommandé de ne pas surcharger, souvent une à
deux bûches suffisent, puis d’ajuster l’arrivée d’air pour obtenir
une flamme vive au départ, plus douce ensuite. Le stockage doit
rester sec et ventilé pour conserver le faible taux d’humidité.
Ce type de bûche intéresse particulièrement les logements avec
peu de place de stockage, les utilisateurs lassés de la poussière
du bois en vrac ou ceux qui consomment beaucoup de bûches chaque
hiver. Le prix d’achat est plus élevé que pour du bois classique,
mais la quantité nécessaire pour un même niveau de confort baisse
d’autant, ce qui peut, sur une saison entière, changer fortement la
manière dont on remplit le poêle… et le bûcher.