Longtemps frustré malgré une grosse emprise territoriale, Toulon a dû s’employer face à l’USAP. Avant un dernier quart d’heure enfin libérateur.
Toulon s’est offert un succès bonifié face à Perpignan – © Instagram, RCT Officiel
Toulon avait besoin d’air après la claque reçue à Bordeaux. Et pourtant, pendant une bonne partie de l’après-midi, Mayol a eu la sensation de respirer dans une pièce trop petite. Le RCT a occupé, pilonné, insisté… mais c’est Perpignan qui a longtemps regardé tout le monde dans les yeux, avec ce mélange de résistance, de pragmatisme et de nerfs qui colle à une équipe en survie.
Le ton, lui, est vite monté. Dès les premières minutes, les Varois ont cherché la touche, le maul, le bras de fer. Ils sont récompensés à la 15e : sur une action initiée par le jeu au pied, Marius Domon sort une chistera à l’aveugle pour Lewis Ludlam, qui marque. Domon transforme (7-0). On se dit que le match est lancé, que Toulon a mis la main dessus.
Sauf que Perpignan ne panique pas. Et sur une action qui ressemble à un avertissement pour tout le monde, l’USAP recolle au score : une passe un peu dans le dos, Paolo Garbisi échappe le ballon, Maxim Granell en profite et file derrière la ligne (19e). Hugo Reus transforme, puis ajoute une pénalité (28e). À la pause, malgré une domination territoriale varoise impressionnante, les Catalans virent devant : 7-10.
Perpignan glace le stade, Toulon s’énerve
Le scénario a un parfum connu : Toulon campe dans le camp adverse, mais chaque détail compte, et chaque petite imprécision se paye. Le RCT enchaîne les séquences près de la ligne, obtient des mêlées, des pénaltouches… et se heurte à une défense catalane qui ne lâche rien. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en première période, Perpignan empile 123 plaquages.
Juste avant la pause, les visiteurs prennent même un carton jaune (Beria, 40e), mais Toulon ne réussit pas à capitaliser. Et quand la seconde période démarre, l’USAP continue de jouer à son rythme, sans s’affoler, en se nourrissant des fautes et des petites erreurs techniques varoises.
Le RCT accélère après l’heure de jeu et finit fort
Le tournant, Toulon va le forcer. Dès le retour des vestiaires, sur une touche à 5 mètres, le RCT insiste en puissance et finit par marquer avec Brian Alainu’uese (45e), au terme d’un groupé pénétrant. L’essai est longuement discuté à la vidéo, dans une ambiance électrique, mais il est accordé. Domon transforme : 14-10.
Et là, Toulon change de rythme. À peine entré, Gabin Villière allume l’étincelle : énorme course, passe après contact, action qui rebondit, et l’ailier conclut lui-même (49e), avec la transformation de Garbisi : 21-10. Perpignan, malgré tout, refuse de tomber. Reus maintient les siens au contact au pied (62e, puis 67e) : 21-16. Mayol recommence à douter. Mais Toulon a gardé le contrôle du combat. Dans le dernier quart d’heure, les avants varois s’installent, reviennent à la charge, obtiennent une pénalité à 5 mètres… et finissent par faire craquer l’USAP sur maul, encore, avec Alainu’uese (75e) : 26-16.
La fin de match a, enfin, le goût d’une équipe qui se libère. Sur le renvoi, Toulon remonte tout le terrain : Abadie avance, Villière remet de l’impact, Serin trouve Albornoz, et l’Argentin dépose un petit bijou au pied vers l’aile gauche pour Gaël Dréan (77e). Un essai qui met le RCT à l’abri, au moins au score du moment : 31-16 (transformation manquée).
Nuance quand même : tout n’a pas été fluide, loin de là. Toulon a beaucoup dominé, souvent buté, parfois trop joué sous pression. Mais dans une période où il fallait surtout se relever, le RCT a retrouvé quelque chose de basique et précieux : la capacité à insister, puis à frapper fort au bon moment.