La Russie a accusé jeudi l’Ukraine d’avoir mené pendant la nuit du Nouvel An une attaque de drones dans la région de Kherson ayant fait au moins 20 morts. Pour sa part, Kiev a fait état de plus de 200 drones russes lancés contre ses infrastructures énergétiques.
Ces nouvelles attaques, dès les premières heures de 2026, ont eu lieu alors que l’issue des pourparlers diplomatiques en cours pour mettre fin au conflit est toujours incertaine.
Dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe, Moscou a affirmé que Kiev avait attaqué avec des drones un café et un hôtel dans le village de Khorly, situé au bord de la mer Noire, pendant les célébrations du Nouvel An.
Une photo fournie par le service de presse du gouverneur de Kherson montre un hôtel et un café détruits à la suite d’une attaque par drone menée par les forces armées ukrainiennes. Village de Horly, région de Kherson contrôlée par Moscou, le 1ᵉʳ janvier 2026. [KEYSTONE – KHERSON GOVERNORATE PRESS SERVICE]
Vladimir Saldo, nommé par Moscou gouverneur de la région de Kherson, a affirmé sur Telegram qu’au moins 24 personnes avaient été tuées et des « dizaines d’autres » blessées.
Il a également publié des images où sont visibles plusieurs cadavres carbonisés et les ruines d’un bâtiment. Les autorités ukrainiennes n’ont pour l’heure pas réagi à ces accusations.
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Nouvelles rencontres attendues
Pour sa part, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, a accusé jeudi la Russie d’entamer la nouvelle année en poursuivant la guerre déclenchée en 2022 par son attaque à grande échelle de l’Ukraine.
« La Russie entame délibérément la Nouvelle Année en poursuivant la guerre, en lançant plus de 200 drones » dans la nuit de Nouvel An, a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux, ajoutant que les cibles étaient des infrastructures énergétiques.
Plus tôt, dans ses vœux pour 2026, le dirigeant ukrainien a estimé qu’un accord avec la Russie était « prêt à 90% », prévenant néanmoins que les 10% restants allaient déterminer le « destin de la paix ».
Son homologue russe Vladimir Poutine, lors de son allocution pour la Nouvelle Année, a lui exhorté ses compatriotes à croire en la « victoire ».
Sur le front, les troupes du Kremlin, plus nombreuses, continuent d’attaquer et de grignoter du terrain, surtout dans la région de Donetsk (est), la priorité militaire de Moscou.
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L’envoyé spécial américain Steve Witkoff a annoncé mercredi avoir discuté avec de hauts responsables ukrainiens, dont le négociateur en chef de Kiev, Roustem Oumerov, et des conseillers européens en matière de sécurité de la façon de relancer les efforts de paix en 2026, affirmant qu’un « travail important » restait à accomplir.
Mardi, Volodymyr Zelensky avait annoncé qu’une réunion avec des dirigeants de pays alliés de Kiev était prévue la semaine prochaine en France et que ce sommet serait précédé d’une rencontre samedi, en Ukraine, avec des conseillers à la sécurité d’Etats alliés.
Crainte d’un blocage
En début de semaine, la Russie a accusé l’Ukraine d’avoir lancé une attaque de drones contre une résidence de Vladimir Poutine, située entre Moscou et Saint-Pétersbourg, dans la nuit de dimanche à lundi.
Kiev a qualifié cette accusation de « mensonge » et estimé qu’elle visait à servir de prétexte pour de nouvelles frappes contre Kiev et à saper les pourparlers diplomatiques.
L’armée russe a affirmé jeudi sur Telegram avoir extrait des informations de vol d’un drone abattu lors de cette attaque présumée et qu’elle allait transmettre ces données à la partie américaine.
Le Kremlin avait prévenu mardi que « les conséquences » de cette attaque se traduiraient par « un durcissement de la position de négociation » de la Russie.
Alors que cette guerre, la plus sanglante en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, dure depuis bientôt presque quatre ans, les bombardements nocturnes se poursuivent sans relâche (lire encadré).
afp/sjaq