Lorsque Myriam1 apprend que, dans certains sites de la RATP, les bouteilles en plastique dans les toilettes devront être contrôlées, retirées et remises aux chefs par les travailleurs des sociétés de nettoyage, elle éclate de rire. « Les bouteilles d’eau ne servent pas que pour les ablutions, c’est aussi juste pour être propre derrière… On ne peut même pas se laver les fesses ? » ironise-t-elle.

En dix-huit ans, c’est la première fois que la sexagénaire entend parler de ces consignes au sein de la régie. Musulmane pratiquante, elle faisait ses prières dans les vestiaires destinés aux travailleurs de la société de sous-traitance en compagnie de collègues. Elle portait également la casquette de l’entreprise, sous laquelle elle glissait ses cheveux. « Je n’ai jamais eu de problème », assure-t-elle.

Ce changement de règles s’inscrit dans le cadre d’une note interne de la RATP, signée par son PDG de l’époque, Jean Castex, et datée du 16 juillet 2025, que l’Humanité a pu consulter. Composée d’une lettre de quatre pages, suivie d’une annexe de trois pages, le document a provoqué de nombreuses critiques en interne. Pour Ahmed Berrahal, syndicaliste et machiniste à la RATP, ce document organise « une véritable chasse aux musulmans »….