Avec notre correspondante à Londres, Sara Menai
Écrivain et figure emblématique du soulèvement égyptien de 2011, opposant aux régimes de Hosni Moubarak puis d’Abdel Fattah Al-Sissi, Alaa Abdel Fattah, 44 ans, aura passé près de dix ans en détention. Gracié et libéré de sa prison du Caire, celui-ci a atterri, le 26 décembre, à l’aéroport d’Heathrow, prêt à retrouver sa femme et son fils dans le sud de l’Angleterre. Sur X, le Premier ministre Keir Starmer se félicitait alors de son retour.
Mais la fête a tourné court : à peine Alaa Abdel Fattah a-t-il posé le pied sur le sol anglais que le militant britannico-égyptien se retrouve aujourd’hui rattrapé par des tweets qu’il a publiés il y a plus de dix ans et qui contiennent des propos appelant à la violence contre des policiers et des sionistes, une affaire qui, très vite, a suscité l’indignation. Et si Alaa Abdel Fattah s’en est excusé, le mal est fait…
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Une enquête ouverte contre le militant
À droite, plusieurs figures de l’opposition estiment en effet que Downing Street devrait lui retirer sa nationalité britannique et l’expulser du territoire. C’est le cas de la cheffe des conservateurs, Kemi Badenoch, et du leader du parti d’extrême droite Reform UK, Nigel Farage, qui ont trouvé en la personne d’Alaa Abdel Fattah une occasion supplémentaire d’accuser de laxisme le Parti travailliste et Keir Starmer.
En réponse à ces attaques, la ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur ce qu’elle a qualifié de « graves manquements des autorités » lorsque Fattah a été autorisé à revenir au Royaume-Uni.